Thursday, July 30, 2009
Friday, September 20, 2002
Santiago, 7 septembre 2002
Je reprends le fil a Santiago, depuis Arica il s'en est passe des choses, et je n'ai rien ecrit, meme pas les habituels emails, je mise lachement sur la comprehension des amis qui me pardonneront comme toujours et continueront a m'ecrire, je l'espere tant ...
San Pedro de Atacama, un village - oasis au milieu du desert le plus arride du monde - ne vous imaginez pas des dunes de sables mais plutot des superfices infinies de quelque chose entre la terre et le sable, et de roches, paysages lunaires qui peuvent vous rendre triste ou juste meditatifs selon l'humeur, a les regarder se succeder si uniformes par la fenetre du bus. Je prefere 1000 fois regarder par la fenetre plutot que me casser la tete a faire la conversation avec ce chilean qui n'arrete pas de me parler - j'ai fait l'erreur d'accepter une empanada au fromage parce que j'avais vraiment faim, et maintenant je regrette amairement puisque l'empanada vallait vraiment pas mes 3 questions a toutes ces phrases a lui demander de repeter, plus rarement, plus clairement s'il vous plait. Je ne comprends rien de ce qui me raconte. J'avais ete avertie que les chileans parlent tres vite, mais je ne m'attendais pas a ce que ce soit si difficile. Un me veut dire un mes (1 mois), finalement j'ai compris qu'ils ne pronnoncent pas les "s" a la fin, il faut dire que je ne parle bien non plus la langue, l'espagnol pour moi n'est que du bouche a l'oreille du voyage. Apres qu'il me demande pour la 3eme fois si on est dimanche alors que je lui avais deja repondu, je me rends compte enfin que ce gars est completement bourre et je comprends pourquoi il ne comprends pas lorsque je lui demande de mieux articuler les mots ... Je me sens plus rassuree du coup, vis a vis de cette difficulte a communiquer qui m'a inhibe. Parce que si on veut parler avec les gens en Amerique du Sud il est preferable de parler un peu d'espagnol, il est rare de rencontrer des "jovenes nativos" - l'expression favorie de mes amis argentins de Salta - parlant anglais. On n'a pas tous les jours la chance que j'ai eu a Arequipa, ou j'ai rencontre dans la rue Giovanna, prof d'anglais qui etait aux anges lorsque je lui ai dit que j'etais roumaine, apparament elle a un tres bon ami roumain (amoureux ??? - je crois que oui :-) ) connu par Internet et qui reve d'aller en Roumanie incognito pour lui faire la surprise.
Apres cette longue et probablement ennuyeuse paranthese sur les inconvenients de la methode "apprendre les bases de l'espagnol en 3 semaines sinon vous resterez au niveau gringo - le vrai (c'est a dire nord americain) de base a demander " a Coca Cola please", me voila a San Pedro, endroit cool mais tres cher aussi, ou poussiere demesuree revient dans la bouche et jusque dans le slip en moins de 5 minutes apres la douche. Si on a fait l'erreur comme moi de mettre de la creme avant de sortir, c'est fond de teint Atacama garanti!
Un village paraissant tres authentique, pas d'asphalte dans les rues, maisons en terre qui pourtant font presque toutes agence de tourisme au centre. Moi ras le bol le tourisme a ce moment la - je me paye quand meme un tour au geysers, puisqu'il n'y a pas d'autre moyen d'y aller et puis je n'ai jamais vu des geysers moi, c'est a plus de 3 h de route - reveil a 3h du mat, un crime apres m'etre couchee apres 0h00 la veille, le but est d'arriver avant le lever du soleil ... admirer la lumiere et les couleurs qui se methamorphosent, l'eau bouillanante (est-ce que ce mot existe ou seulement bouillante?) et les vapeurs qui dansent frenetiquement dans le demi-jour (il fait encore tres froid, -7) et qui perdent de leur puissance avec l'arrivee du soleil qui apprivoise les cons de fumee mais fait aparaitre une splendeur de couleurs digne d'une peinture de Picasso (excuses papa, je sais que tu aurais aime un autre peintre probablement). Congelee mais emerveillee apres ce tour ... je pense a l'Islande que j'aimerais decouvrir un jour - je suis un enfant trop gate, je le sais, alors j'utilise mon excuse a 3 francs: le monde n'est il pas trop petit pour nos ames reveuses d'eternels enfants?
San Pedro de Atacama, aussi location de byciclete pour decouvrir les environs avec un couple de francais, et tentatives assez decevantes d'en apprendre plus sur le regime de Pinochet. Conflits maitrises avec un gars qui s'enerve assez vite et me demande de retourner dans mon pays (lequel, je me le demande???) pourquoi je viens ici perturber sa tranquillite? Il se calme lorsque je lui dit que je viens ici AUSSI pour en apprendre plus que ce que je sais par le mass-media, et que si les gens du pays refusent d'en parlent je vais rester aux dires de la tele et ce ne sera plus ma faute ... Il se calme et a envie de discuter, apres m'avoir demande de parler tout bas ... Il est vrai que j'ai deja ma propre vision de la chose, culture des mass medias je dois l'avouer. Peut etre trop tot mais je ne peux pas m'empecher d'admettre qu'au Chile, il y a encore beaucoup trop de gens qui le regrettent ... A la sortie, je fais part de ma deception quant a la difficulte d'en parler a un chilean que j'avais connu auparavant, il me propose de me raconter sa verite - on remet ca au lendemain soir (je dois me reveiller dans 3h) - malchance, notre lieu de RDV, un des bars les plus "inn" de San Pedro vient de de fermer, avec un escrito genre "fraude dans le payment des impots". Je n'ai plus rencontre ce chilean aimable ne a Vienne puisque ses parents avaient du fuire le regime de Pinochet. ce n'est pas grave, je reviendrai au Chili - zig-zag Chili - Argentine pour me rendre au plus tard en Terre de Feu.
Impossible d'acheter un billet de bus pour Salta - Argentina a San Pedro, du coup on va faire le stop avec Anne-Lise - une francaise super-sympa pour qui le tour du monde d'un an approche sa fin et coup de bol - un bus Chili - Buenos Aires nous prends tout de suite.
Argentina, mon coup de coeur, mon amour de pays, une terre immense d'une grande beaute si variee mais surtout le pays ou amabilite et gentillesse sont intrinseques. Les gens sont sympas, ouverts et trop COOL ... Je crois que je l'ai deja ecrit dans un email, Argentina est le pays ou il me plairait bien y vivre. En plus, il y a le rafinement et la classe dignes de la France ou de l'Italie. Un exemple stupide, l'Argentine est le premier pays ou je ne dois pas me balader avec le rouleau de papier toilette partout, et cela malgre les grandes difficultes economiques que le pays traverse (actuellement les prix sont descendus au niveau bolivien, voire moins cher, pour une qualite de service similaire a l'Europe Occidentale). Chile, malgre sa bonne sante economique - probablement la meilleure de toute l'Amerique du Sud, n'a pas de papier cul dans les toilettes, n'a pas les vitrines remplies de vetements chics et surtout au Chile la bouffe est trop similiare a son idole non avoue qu'elle s'efforce tant de copier (il n'y a qu'a voir leur drapeau, ca a l'air d'une etoile egaree de ses 51?? grandes soeurs), difficile de bouffer autre chose que hamburgers frites. Reste un mistere a elucider pour moi - comment se fait-il que les chileans ne sont pas obeses? Les americains, (pardon les nord-americains, ici c'est une insulte que j'ai prononce si souvent malgre moi) auraient peut etre quelque chose a apprendre sur comment maintenir la silhouette en conditions extremes tres tres difficiles. En Argentine, on mange la meilleure viande du monde - c'est un de facto, pas de contreverses s'il vous plait, mais il n'y a pas que ca, toute la bouffe fond dans la bouche quel regal pour un prix derisoire, moi j'ai pris plus de poids que j'ai perdu les mois precedents.
Argentina, j'ai adore des le premier jour. Difficultes a contenir nos "excitations" devant la multitude de boutiques niveau occidental tres tres bon marche. Et regardes-ci, et regardes-ca, punaise ca coute que dalle. Qu'est-ce que j'ai pu rigoler lorsqu' Anne-Lise m'a dit "Diana, il ne faut pas s'enerver". Comment ne pas s'enerver apres avoir mange du pollo con arroz y papas fritas pendant des mois et que maintenant on peut manger aussi bien qu'en France pour presque moins cher qu'en Bolivie, comment ne pas "s'ennerver" lorsqu'on achete des fraises au kilo au lieu du popcorn pour 2 francs le kg avant d'aller au cine?
Que la vie est belle en Argentine, n'est-ce que pas? Surtout lorsqu'on est un gringo. Faux. Honetement, j'aurais prefere que l'Argentine soit encore aujourd'hui le plus cher pays d'Amerique du Sud. C'est trop triste d'entendre les chiffres - plus de 50% de la population vivant dans la misere, mais c'est encore plus triste de sentir le desaroi, le desespoir camoufle si bien par la fierte, la dignite des gens que l'on connait. Chiffres dans les journaux, violence qui monte tous les jours, histoires individuelles racontees qui me culpabilisent lorsque je dis que je voyage pour 6 mois!
L'excitation m'emporte et je pourrais ecrire encore des pages et des pages, seulement il FAUT que j'envoye quelque chose, je me le suis promis solanellement, Diana, reprends-toi et arretes de te laisser trop aller a la dolce vita argentine, il faut donner des nouvelles (puisqu'aux emails tu n'a pas ete fichue de repondre), sinon les amis vont penser comme ta mere que t'es malade ou Dieu sait quoi, alors que tu n'as qu'un seul probleme existentiel maintenant: la montre qui tourne, pourquoi dois-je retourner en France? Serais-je capable de continuer a cultiver en moi ce quelque chose que j'ai eu la chance d'apprivoiser un peu de loin, ou deviendrais-je a nouveau un etre trop soucieux de finir tous les devoirs a temps, qui dans la foule oubliera de sourire aux voisins puisque de toute maniere on les connait pas et c'est mieux comme ca ... No se, malgre toutes les explications "scientifiques" qui debordent, pourquoi on perd ce quelque chose lorsqu'on vit dans une societe "moderne", pourquoi on perd un peu de notre generosite naturelle, de notre curiosite envers l'autre, et pensons constamment je dois, il faut, stress conjugue?
Avec Anne-Lise on a loue une voiture pour 4 jours - la moins chere du marche - evidemment qu'on a paye le prix (3 crevaisons en une journee, le contact electrique au moteur (d'apres ce que j'ai compris moi qui ne connait rien) qui ne se faisait plus, mais on s'en ait bien sorti finalement. Ainsi on a pu visiter les environs de Salta et de San Salvador de Jujuy, vraiment magnifique, sans avoir recours aux tours des agences, et sans payer le ticket de 80 US$ pour un des trains les plus celebres au monde (le train "a las nubes" - aux nuages) - Anne-Lise me dit que c'est le train de la pub de Nestle, que je n'arrive pas a m'en souvenir ....
Dans l'hostal de Salta on a sympathise avec Federico - guide de rafting et Pablo - guide de montagne a Aconcagua, la montagne la plus haute de l'Amerique, 6959 m. Ainsi, on est partis faire le rafting de nuit a la pleine lune, genial!
Apres les 4 jours de vadrouille, Anne-Lise est partie vers Buenos-Aires avec son ami perouvien qui nous avait rejoint, et moi je suis retournee au camp du rafting, ou j'y suis restee une semaine.
Salta Rafting - Cabra Cobral, 100 km de Salta - temps memorable pour moi, en dehors du temps pendant une semaine, dans un cadre plus que pittoresque, avec des gens genials, ou les mots me manquent pour decrire cette suffisance d'etre simplement ... Involontairement plein de reflexions sur mes relations avec le monde, mon egoisme, l'amitie, la generosite, le stress, ma vie a Paris ... Je crois que ces braves gars ne se sont meme pas doute une seconde du melange de jalousie et admiration avec lesquels je les observais. Je les observais et je pensais a moi et a ma vie, a mes attitudes et habitudes acquis dans une societe occidentale, puisqu'un atavique souvenir ait sourgi de ma memoire : mon enfance, adolescence en Roumanie communiste, bout de pain et conserve de cassoulet partage a 10 ainsi qu'une chambre a l'hotel a la mer ou on dormait comme des sardines et on etaient si heureux ... Mais je sais que cette Roumanie la n'existe plus non plus, inevitable passage va't-on dire avec trop de nostalgie, d'ailleurs ma seule nostalgie du communisme ...
Salta Rafting : admirable exercise que j'ai exerce a l'improviste - vivre en communaute, dans le reel sens du terme, pas de connotation baba cool ou peace and love un peu anarchiste, les taches accomplies a tour de role equitablement, la generosite et le partage comme art de vivre, les discussions autour du feu le soir ou simplement les envies de l'adorable Cheche d'arreter le CD avec musique latine pour se mettre a chanter d'une voix chaude, presque feminine accompagnant sa guitare...
Les 2 souvenirs moins cool de la semaine: mon grand stress avant le repas de midi de la seule journee ou je n'ai pas fait du rafting puisque les touristes remplissaient les barques (moi j'ai eu de la chance d'etre adopte par ces gars donc toutes les sorties a l'eau etaient gratuites, dans la limite des places disponibles ...) Ainsi, premier souvenir, mon etat de stress que le repas ne sera pas pret a temps pour les guides qui retournerons affames. Je realise (avec de l'aide) que je stresse pour un rien, il n’y pas mort d’homme pour ca. Cool, take it easy ... Fait insignifiant passe completement inapercu pour les autres, pourtant grande remise en cause avec moi meme, en silence ...
Deuxieme claque, la francaise qui vient faire du rafting – apres trop peu de conversation, avant meme de me demander comment je m’appelle ou qu’est-ce que je fais ici, me pose la question cle que j’avais oublie “et vous faites quoi dans la vie?” Je ne fais rien dans la vie, jolie demoiselle ... A part me rapeller avec un pincement du coeur les regles du monde que je vais retrouver bientot ... Monde base sur les castes, pourquoi t'avons nous contruit comme ca? Pourquoi est-il si important de savoir lorsqu'on fait du rafting pendant seulement 2 h "possitionner" les gens rammant derriere ou devant dans la barque? Je me demande si elle m'aurait pose la meme question si elle n'aurait pas ete avocate (pardon P, rien a voir avec toi). Pourquoi les gens de Salta Rafting ne m'ont pas demande qu'est-ce que je faisais dans la vie pendant toute une semaine?
Ingenieur ou mendiant, peu leur importe du moment qu'on est "buena onda". Salta Rafting - mon baptmene au rafting qui s'est transforme en une semaine - probablement meilleurs moments affectifs de tout mon voyage ...
Chile - j'ai peur d'y avoir ete un peu injuste, je me rends compte que je ne fais qu'alimenter ces tensions Chile-Argentina, les non-dits
ressentis partout : les argentins se croiraient plus europeens, plus occidentaux, chose que leurs voisins n'apprecient pas trop et ca se comprend. C'est vrai que les argentins se sentent un peu differents - fait que mon subjectivite accepte ceci-dit, finalement je suis un peu rassiste ... les voisins ressentent ce sentiment qui ne peut qu'engendrer des sentiments negatifs en retour. D'ou ce triste imprononcable contentement proche du "et que justice soit faite" que laissent transpirer presque de maniere imperceptible les voisins (pas seulement les chileans), a l'egard de la grande chute que l'Argentine est en train de subir.
Encore je divague beaucoup, mon propos initial autant que je m’en souvienne fut que Chile est egalement un tres beau pays, vraiment. Apres, ce n’est que mon subjectivite : pourquoi je trouve tres seduisant Richard Gere et Brad Pitt seulement tres beau, alors qu’il est tres seduisant lui-aussi? Les chileans sont moins bavards, moins disponibles a donner des renseignements, mais generalement sont tres gentils. Sur l’Isla de Chiloe, on a fait de l’auto-stop pour aller pecher, on etait trois, tres facile, et au retour le gars a fait un detour pour nous ramener jusqu’au village ou on habitaient, en insistant “service complet” (ici on ne paye pas lorsqu’on fait du stop). Deuxieme stop pour passer en Argentine, puisqu’il n’y avait plus de bus ce jour la et on ne voulait plus attendre le lendemain, le papa avec ses 2 enfants qui nous prend fait un detour pour nous montrer un lac tres beau, alors qu’on n'avait rien demande. Malheureusement il s’arretait a 20 km de la frontiere, pluie et vent tres fort et froid qui nous emportait avec, une heure d’attente du prochain samaritean et congelation progressive de tout mon corps au millieu de nulle part, je n’ai pas arrete de penser a la verite des mots de F : “Diana, tu voulais decouvrir la Patagonie, te voila!” Le climat est aussi sauvage que les paysages. Ensuite, de la frontiere jusqu’a la destination - Bariloche – 3eme samaritean juste au moment ou la frontiere allait fermer, quel coup de bol!
Precisions cote itineraire, apres Salta il y a eu Mendoza, Potrelliche – retour a Mendoza puisqu’a cause de la neige impossible de passer la Cordiliere au Chile, ensuite enfin Santiago, Valparaiso – tres charmante ville si chere a Pablo Neruda ou j’ai pu appercevoir une infime partie de son fabuleux monde exterieur en visitant sa maison en mille couleurs et recoins avec une imprenable vue sur la mer et sur la ville. Valparaiso – Puerto Montt et Isla Grande de Chiloe, retour en Argentine – Bariloche et maintenant Esquel, chez Pablo (le guide de montagne d’Aconcagua), cap sur Ushuaia.
Gros bisous a tous de la Patagonie, fabuleuse terre ou le mot “nature” a probablement ete invente, ensuite le mot “beaute” pour qu’il ne se sente pas seul! Ha, je suis en train de plagier Pablo Neruda qui a achete un portrait d’un chevalier pour que sa reine au visage palotte et rigide ne se sente pas trop seule, ainsi qu’un cheval de manege en bois qu'il a installe au salon.
Ne me demandez pas maintenant ou a-t'on invente le mot “imagination” ?
Sunday, September 15, 2002
Friday, August 09, 2002
15 juillet, La Paz
Fete nationale de la Bolivie, je ne me serais pas rappele de la fete nationale francaise s'il n'y avait pas eu cet attentat a Jacques Chirac... Pas de probleme avec les dates proprement dites, seulement il arrive lorsqu'on voyage que l'on ne sait plus si c'est lundi ou dimanche, si c'est le 17 ou le 13 ...
Incroyable defile, puisque c'etait le plus tardif de tous ce que j'ai jamais pu imaginer, a 11 h du soir il y avait encore des trompettes dans les rues. J'ai un peu tourne en rond ces jours-ci, aujourd'hui par exemple j'etais censee recuperer mon CD avec mes dernieres photos, mais les gens travaillant dans ce cyber-cafe ou j'ai tout laisse sur disque la veille avec la promesse ferme d'avoir mon CD le matin, ont tout simplement oublie d'ouvrir aujourd'hui. C'est assez courant comme attitude malheureusement ici, il ne faut pas perdre sa patience mais juste se dire que c'est la Bolivie. Dieu sait que j'ai eu des problemes avec les banques, j'ai passe deux jours entieres a faire la queue d'une porte a l'autre, si bien que j'ai fini par oublier que j'avais envie de visiter Tiwanaku, ou bien la Vallee de la Lune. J'ai trouve la consolation pour les deux - apparament on est un peu decus lorsqu'on vient du Peru et c'est ou je vais y aller, quant a la valle de la Lune, celle de Tupiza est au moins aussi belle ...
La Paz est une ville etrange et interessante rien que par son aspect de cuve ornee tout autour avec des maisons en brique rouge - les riches vivent en bas, plus on est pauvre plus on doit monter - ceci dit j'ai tellement l'impression de n'avoir pas fait grande chose - le souvenir le plus memorable est probablement la prison de San Pedro. Etrange prison, plus que jamais j'ai realisee a quel point argent signifie pouvoir. Ville dans la ville, elle abrite pour la plupart des traffiquants de drogue - il y a le celebre bolivien qui a eu 24 ans pour 4 tonnes de cocaine, dont on peut apercevoir la grande residence et les bodyguards autour, il y a Hans l'allemand - notre guide qui a eu 8 ans reduits a 3 et demi pour 2 kilos ou des malheureux touristes qui purgent 8 ans pour quelques grammes. Assez effrayant au debut, j'avoue que mon sang froid m'a quelque peu abandonne lorsqu'il a fallu se decider d'y rentrer, Greg m'a dit qu'on pouvait lire sur mon visage la peur, je crois qu'il avait raison, je voyais tous ces visages effrayants attendant dans la cour, quelque uns en train de nous devisager, probablement par ennui. J'ai quand meme voulu voir, meme si la question qu'on erudit bolivien m'avait pose la veille "Pourquoi veux-tu visiter une prison?" me tracassait. Oui, pourquoi j'ai voulu "visiter" une prison? Probablement du voyeurisme refule, que je pensais detester - on a parfois tendance a se croire meilleur que l'on est vraiment...
Malgre ce ressentiment que j'ai contre mon moi, je me dis que ca vallait le coup quand meme. San Pedro est comme une vrai ville miniature presque, il y a des restos, des boutiques, des femmes et des enfants (rien que 300 enfants), des championats de football, en fait les familles sont autorisees a rejoindre les detenus, et pour les plus demunis c'est tres convenable puisqu'il ne faut pas payer le logement et l'electricite. Il ont meme le cable et ceux qui ont l'argent peuvent s'acheter leur propre habitation a vie, en fait durant le "sejour". On peut acheter de la drogue partout dans la prison, dans le boutiques memes, apparament cela coute 50$ pour faire rentrer un kilo par la grande porte - bien sur ce sont les policiers qui la ramenent.
Si je compare ceci a toutes les histoires d'Asie que j'ai entendu, je suis tente de me dire que San Pedro est la plus liberale prison de la planete, ceci dit je me rappelle les brand new shoes occidentales de ce gringo blond attendant dans la cour - probablement un tout nouveau "recru" et je me demande quel mirage pour lequel il purge sa peine lui apportera la prochaine nuit?
Cusco - PERU, je ne sais plus quelle date
Cela fait si longtemps que je n'ai pas ecrit une seule ligne, pourtant d'immemorables souvenirs ont ete au RDV. Apres La Paz, Copacabana, une jolie petite ville au bord du Lac Titicaca cote bolivien toujours, avec une magnifique eglise, et visite sur l'Isla del Sol et Isla de la Luna. Ici je me suis offert le luxe d'une belle chambre avec vue sur le lac, un lit tres confortable et surtout salle de bain individuelle (premiere en Bolivie) et eau chaude pour 30 FF la nuit. Cela me fait rire maintenant quand je pense a quel point mon "niveau" de pretention cote confort a baisse pendant ce voyage.
Copacabana - je ne peux pas dire que je suis tombee amoureuse. Les paysages sont splendides, mais il y a tellement de touristes que les locaux sont carrement desagreables, ils n'ont meme pas ete foutus de me donner le prefixe correct alors que j'attendais un coup de fil que je n'ai jamais pu recevoir. J'ai quand meme rencontre des gens tres sympas sur le bateau - des argentins que je souhaiterais revoir en Argentine si je passe a Cordoba, Stefano - l'italien, avec qui on a continue un tout petit bout de chemin ensemble jusqu'a Puno d'ou il est retourne en Bolivie pour escalader une montagne avec des amis qui venaient de lui ecrire. Il y a eu aussi un couple autrichienne - bolivien revenu au pays apres plus de 10 ans.
Apres Copacabana - Puno, toujours le Lac Titicaca, cette fois-ci cote peruvien. Comment tout est relatif - j'ai eu l'impression que tout est tres cher compare a la Bolivie, alors que compare a l'Europe, cela reste toujours tres cheap, d'autant plus si on mange dans les restos ou mangent les locaux plutot que dans des restos remplis de gringos, et la nourriture n'est pas plus mauvaise, le service souvent meilleur, vraiment, j'ai l'impression que dans les restos pour gringos on paye surtout le decor, et on peut tomber malade autant que dans les autres. On est arrive a Puno en fin d'apres-midi - Mary, Greg, Stefano et moi, et le lendemain matin on est partis vers le port pour prendre un petit bateau pour les fameuses iles flottantes. En chemin, on s'est arrete pour regarder des gens danser sur une maison - et on s'est fait inviter pour participer a la celebration de la prochaine construction d'un nouveau etage de la maison. Les gens, plutot pauvres - ont ete tres accueillants et curieux - nous ont fait boire avec eux, tres sympas vraiment, pas de probleme lorsqu'ils nous ont demande d'aller acheter a boire, mais lorsqu'on a decide de partir, un des gars nous a gentimment propose de nous accompagner au port pour nous aider a choisir le bateau - d'ailleurs un des gars les plus sobres de la troupe - d'apres lui, il avait possede un bateau de ce genre et avait travaille avec des touristes dans le passe. Petite precision, le port etait a 2 pas, les prix affiches, donc meme en etant les plus couillons des couillons de la terre, je pense qu'on aurait pu se debrouiller tous seuls, mais puisqu'il a insiste de nous conduire... Enfin, on arrive au port, apres avoir parle avec un gars qui nous demande de payer plus cher sous je ne sais plus sous quel pretexte, et apres notre refus, il nous demande de l'argent pour le "service". Decus, pour ma part pas autant contre lui mais plutot devant cette penible repetition de Copacabana, devant la grande deception que ce qui m'a paru etre la plus "authentique" rencontre du Peru a fini en une question d'argent. Le temps a l'incroyable don d'estomper le moins agreable et de nous faire garder souvent que le meilleur dans nos souvenirs ... Maintenant avec le recul, je me rapelle surtout des jupes avec plein de plis se gonflant au rythmes des danses, les innombrables invitations a trinquer, le bonheur souvent surencherit par la biere sur les visages, d'un petit garcon tout timide lorsque je l'ai invite a danser ... Maintenant avec le recul, je sais que cela a ete une des plus authentiques rencontres du Perou ...
Les iles flottantes - un monde a part, le desir de fuir de ces indiens a donne naissance a l'ingenieux concept : creer des villages sur l'eau, avec rien d'autre que du ____ ro : stufaris (je ne sais plus le mot en francais, c'est les plantes qui poussent dans l'eau). Ce magnifique isolement est devenu aujourd'hui un pelerinage des touristes, je pense qu'ils y acceptent parce que cela leur rapporte un petit peu de revenus. Quand j'ai mis les pieds sur la premiere ile, j'ai eu le sentiment tres embarassant d'etre un elephant visitant le zoo, seulement cette fois-ci au lieu des animaux il y avait des hommes, et les animaux c'etaient nous les touristes, pietinant avec nos regards trop curieux et nos cameras la vie de ces famillles, leur tranquillite retrouve une fois et perdue a jamais maintenant. Seule consolation, le constat que l'instinct de survie probablement leur a developpe une sorte d'armure, ils n'y prettent generalement aucune attention a nous et deroulent leur cotidien comme si on etaient transparents. Cotidien tres calme d'ailleurs, construction de nouvelles barques, preparation du repas, changement de couches au bebe et surtout siestes au soleil. J'ai approche deux petits enfants qui jouaient en mettant bout a bout des morceaux de ro: stufaris - le mot m'echappe toujours - c'etait trop mignon de voir leurs petites mains maladroites, j'ai commence a leur faire des figures plus elaborees - apres quelques moments de mefiance, l'amitie s'est installee et bientot plusieurs petits bouts sont venus s'assoir autour reclamer chacun un petit jouet. Le plus dur a ete de leur dire qu'il fallait que je parte ; meme si le pilote du bateau etait la a crier apres moi qu'il s'en va, il est tellement difficile d'expliquer a un gamin que ca y est, on arrete de jouer. on retourne dans notre monde d'adulte, regit par des horaires et des obligations. Comment DOIT-on conjuguer a un enfant le verbe DEVOIR?
Adieu, innocents enfants, je souhaite de tout coeur que ni ces interminables afflux de touristes ni le desir d'une belle tele ou d'une cuisine toute equipee ne changera pas votre vie, j'espere que vos enfants connaitront eux-aussi cet hors du temps, cette vie pour la vie, simplement ...
Cusco - enorme contraste avec les iles, puisque c'est la Mecca de tous les touristes au Perou, et peut etre un des endroits les plus visites de toute l'Amerique du Sud. Cusco, consideree la capitale des incas, est le point de depart pour Machu Picchu, pour des tours dans la jungle amazonienne egalement je crois, et detient plein de vestiges incas mais pre-incas egalement (Sacsahuaman) tout autour.
Premier objectif a Cusco - faire le tour des agences, et Dieu sait qu'il y en a plein, pour reserver sa place (la moins chere) pour le Camino del Inca - option que j'ai choisie pour voir Machu Picchu. Il faut reserver 3 jours a l'avance, ca coute la peau des fesses (mai pour y aller en train c'est egalement tres cher et on vient pas ici tous les ans je me suis dit). Camino del Inca - Inca trail ou Inca TRAIL selon certains, veut dire marcher pendant environ 40 km pour se rendre au MP en 4 jours. Ca parrait rien comme ca, mais c'est 40 km de montagne, il y a trois cols (ro: varfuri) a passer. C'est tres eprouvant physiquement, le 2eme jour surtout, on se reveille a 4h30, on prend le petit-dej et on commence a monter. De 3000 a 4200 cela monte non stop, portions droites quasiment inexistantes. Tantot ca monte normalement, tantot des marches (ro: trepte) interminables. Je me rappele avoir demande l'heure en pensant qu'il est au moins 10h, je ne peux pas decrire ma deception lorsque j'ai appris qu'il n'etait que 8h du matin. Dur dur, je me suis meme demande a un moment donne pourquoi je suis la puisque puisque personne ne m'y a oblige ... de souffrir ... Par moments j'ai eu l'impression que tout mon corps allait exploser en 1000 morceaux, et il fallait que je continue. Arrivee a 4200 a ete le bonheur. J'etais contente d'y arriver, j'etais contente de ne pas avoir craque et abandonne mon sac a dos aux porteurs comme certains l'ont fait. J'ai senti a quel point il faisait froid la haut une fois arretee (j'avais enleve le bas de mon pantalon auparavant tellement j'avais chaud a cause de l'effort). Plus loin sur la route, j'ai surpris une conversation : c'est comme la naissance d'un bebe, on souffre beaucoup mais on est tellement heureux apres, qu'on oublie les souffrances. Apres le col a 4200 m, descente pendant 2h de l'autre versant, quasiment que des marches. On ne transpire plus, c'est facile, mais mon Dieu qu'est-ce que les genoux en prennent un coup (surtout les miens qui sont deja assez abimes). Arrives en bas, on dejeune et on se repose une heure en tout, apres quoi on recommence a monter, et il y a presque que des marches. Quand est-ce que cette journee va finir?
Quatrieme jour enfin - reveil a 4h du matin petit dejeuner rapide et 1h30 de marche (tres bruyant au debut, c'etait l'embouteillage des gringos a la queuelele - ca s'ecrit comme ca? - silence total apres, chacun retenait son emotion je pense) - jusqu'a la Porte du Soleil, l'endroit d'ou on appercoit le tant attendu MP.
Misterieuse merveille, citadelle solitaire, vieux reve a moi, te voila enfin devant mes yeux qui ont du mal a comprendre qu'ils te regardent. On attend tous que le soleil te reveille doucement, tout parait petit vu d'en haut, je te demande pardon que je me suis sentie plus emue devant cette demande en marriage qu'en anglais a fait a sa copine - peut etre leur reve aussi - larmes de bonheur de la fille, c'est magnifique ... Je m'eloigne du monde, et je me retrouve face a toi seule, ta beaute et mes emotions qui s'amplifient ... Je ne me lasse pas de contempler ce silence vert, austere, les rayons de soleil qui avancent vers toi, je sens que ce moment est unique, je pense a la chance que j'ai, je me sens plus pret de Dieu que jamais ... c'est pourquoi je Lui remercie pour tout en cet instant de bonheur absolu.
Il y a ces quelques moments uniques qui declenchent en nous une avalanche de sentiments, une prise de conscience aussi. Pour moi MP c'etait qu'emotion, peut etre pour quelqu'un d'autre ce ne sera que des belles ruines, c'est ce qui est en fait le cas ... Un declencheur invisible, imprevisible aussi, peut ouvrir la soupape de notre ame quand on ne le s'attend pas. Bonheur - oui, je crois de plus en plus dans cette theorie du bonheur compose de moments de bonheur plutot qu'un fluide lent de tous les jours - tu as ete tellement immense que je ne veux plus retourner un jour a MP, par peur d'abimer ton precieux souvenir ...
Arequipa, le 9 aout
En parlant avec moi-meme - c'est beaucuop plus joli en roumain - "De vorba cu mine insumi", je crois que c'est Cioran que je suis en train de plagier. Je suis arrivee hier matin a Arequipa, apres encore un trajet de 12 h de nuit et j'ai decidee d'y rester quelques jours, avant de reprendre la route pour le Chili. Je me sens fatiguee, je n'ai pas arrete de faire et defaire mon sac a dos presque tous les matins dernierement. J'adore mon petit hotel pas cher qui n'a probablement pas recu de couche de peinture depuis des siecles, il y a une terasse avec vue sur la ville et une petite table pour s'asseoir au soleil juste a cote de ma chambre. Arequipa est une grande ville, la deuxieme au Peru, pourtant je me sens au calme ici, et donc j'ai choisi cet endroit pour un peu de tranquillite et de dialogues avec moi-meme. Poutant il faut dire les choses comme elles sont: il fait tres beau et chaud apparament toute l'annee, pour la premiere fois apres 2 mois j'ai CHAUD! (la nuit il fait un peu plus froid mais tout de meme plus besoin d'utiliser mon attirail anti-froid). Le bonheur absolu lorsque j'ai renverse le contenu de mon sac a dos par terre pour retrouver mes sandales et mes tops - oublies au fond depuis le Bresil. Je me suis sentie presque femme a nouveau - T-shirt sans manches, colier local et pantalons tres legers. Quel besoin a-t-on des robes de soiree en fin de compte? Adi, je crois que je vais avoir un choc lorsque je vais retrouver l'armoire pleine de vetements - pour la plupart inutiles - chez toi! J'entasse, j'achete, je consomme, et puis finalement je peux me satisfaire avec si peu! Je dis ca maintenant mais qui sait ce que va etre "moi" une fois de retour a la vie "normale". Je pense a l'epilogue de FG, apres un an de voyage pour la plupart en stop, ecrit a son retour en France - "Je ne pense plus à mon voyage, c’est terminé et j’évite d’en parler aux autres."
Je ne pense pas que ce voyage m'a transforme radicalement. Je ne pense pas que mon "moi" est different qu'auparavant. Mes besoins ont changes, mes perceptions sont differentes, mes senses sont extremement sensitives, mais mon "moi" profond, mes desirs, mes peurs, mes couleurs sont les memes. Je suis heureuse d'ecrire ca parce que je le pense, parce que je suis heureuse de sentir m'envahir dans tous mes pores ce sentiment de "je n'ai pas cherche le bonheur ou mon identite dans ce voyage" - comme ont pense certains, je n'ai pas cherche la "verite", j'ai juste voulu apprendre plus sur ce monde, me satisfaire des "ancestrales" curiosites, voire plus loin que mon cotidien "metro boulot dodo". Cela peut paraitre tres pretentieux, mais une de mes premieres lecons de ce voyage (ecole du Bresil) me font assumer cela assez facilement. "S'ecouter soi-meme, son instinct, c'est plus important que de vouloir faire plaisir aux autres". Different contexte mais ca colle ici "tam bien".
Arica - CHILE, le 16 aout
Je reprends le fil ... apres Cusco, Nasca - curiosite pour ce mistere oblige. Tour en petit avion, indispensable pour voir les figures, un tour de 360 a gauche, encore un a droite au dessus de chaque figure, et tres vite tout mon corps est tendu comme un ressort pour essaier de maitriser l'envie de vomir. Portant j'avais ete avertie par Mary (que j'ai re-rencontre a Nasca par hasard la veille au soir apres qu'on s'etait deja separe auparavant, faute d'itineraire et timing different). Pauvre Mary avait utilise le sac a vomir la veille dans l'avion, du coup prevoyante j'ai prepare la tablette anti-nausees, que bien evidemement j'ai oublie de prendre dans la hate de quitter la chambre, la reception ne m'avait pas reveille comme prevu. D'ailleurs du coups j'ai rachete une montre a 1.25 $, chere par rapport a celle de Bolivie, qui m'avait coute que 0.70$ (et dure heroiquement 1 mois). Et un reveil aussi, mais il faut dire qu'il ne sonne pas assez fort pour mes oreilles sourdes du matin.
Ica, ou plutot l'oasis dont j'ai oublie le nom en dehors de la ville - ou je retrouve a nouveau Greg et Mary par hasard. Tres sympa apres-midi dans les dunes de sable, a s'emmerveiller comme des enfants - des pas de marionette avec ressort en s'amusant a devaler la pente de sable, pourtant si penible a monter.
Depart au soir pour Pisco - ville tranquille au bord du Pacifique, dont la boisson nationale peruvienne y porte le nom. J'ai fait le plein de ceviche - excellent plat peruvien a base de poisson marine. Visite des Isles Ballestas et de la Pensinsule Paracas - pour voir des colonies de lions de mer et d'oiseaux, aussi quelques adorables pingouins. Tres mignones betes, je n'avais qu'une envie, sauter du bateau pour leur faire plein de bisous. Tristes et definitifs adieux avec Mary et Greg - pour eux le voyage venait de finir, depart pour Lima pour voler back aux US le lendemain. Mary m'a ecrit un email tres triste apres son retour, ils sont tres deprimes et me conseillent de profiter autant que je peux de la suite de mon voyage. Ce n'est pas le premier email de ce genre que j'ai recu des gens rencontres pendant le voyage. J'evite d'y penser a mon retour pour le moment, j'ai eu un moment de forte solitude pas longtemps auparavant, quand je sentie une forte envie de revoir des etres chers, mais cela m'est passe tres vite ...
Autre penible voyage de nuit pour Arequipa, ville que j'ai vraiment adore et du coup j'y suis restee plus longtemps que prevu. Je l'ai quitte seulement hier soir - me voila depuis ce matin a Arica - on a visite une eglise "un de plus importants capitaux architectoniques du Chili" - concue par Gustave Eiffel, a vrai dire j'etais decue de ce que j'ai vu apres avoir lu cette pompeuse description, et ensuite on a ete a la plage avec 2 francais tres sympas voyageant dans le meme bus cette nuit. Ils viennent de reprendre la route pour Santiago, mon bus pour San Pedro de Atacama - le plus sec desert du monde - est bientot aussi, j'ai decide de ne pas y passer la nuit a Arica puisque le seul bus est a 10h du soir, meme si 2 nuits de bus d'affile c'est assez fatiguant, d'autant plus que la veille j'avais fait la fete jusqu'a 6h du matin - c'etait la fete annuelle d'Arequipa, superbe ambiance, je ne pouvais pas rater ca, donc s'y suis restee et je ne regrette pas du tout, j'ai rencontre des gens tres sympas, mais je n'ai plus le temps de raconter maintenant, je me depeche d'envoyer des nouvelles puisque cela faisait si longtemps...
Fete nationale de la Bolivie, je ne me serais pas rappele de la fete nationale francaise s'il n'y avait pas eu cet attentat a Jacques Chirac... Pas de probleme avec les dates proprement dites, seulement il arrive lorsqu'on voyage que l'on ne sait plus si c'est lundi ou dimanche, si c'est le 17 ou le 13 ...
Incroyable defile, puisque c'etait le plus tardif de tous ce que j'ai jamais pu imaginer, a 11 h du soir il y avait encore des trompettes dans les rues. J'ai un peu tourne en rond ces jours-ci, aujourd'hui par exemple j'etais censee recuperer mon CD avec mes dernieres photos, mais les gens travaillant dans ce cyber-cafe ou j'ai tout laisse sur disque la veille avec la promesse ferme d'avoir mon CD le matin, ont tout simplement oublie d'ouvrir aujourd'hui. C'est assez courant comme attitude malheureusement ici, il ne faut pas perdre sa patience mais juste se dire que c'est la Bolivie. Dieu sait que j'ai eu des problemes avec les banques, j'ai passe deux jours entieres a faire la queue d'une porte a l'autre, si bien que j'ai fini par oublier que j'avais envie de visiter Tiwanaku, ou bien la Vallee de la Lune. J'ai trouve la consolation pour les deux - apparament on est un peu decus lorsqu'on vient du Peru et c'est ou je vais y aller, quant a la valle de la Lune, celle de Tupiza est au moins aussi belle ...
La Paz est une ville etrange et interessante rien que par son aspect de cuve ornee tout autour avec des maisons en brique rouge - les riches vivent en bas, plus on est pauvre plus on doit monter - ceci dit j'ai tellement l'impression de n'avoir pas fait grande chose - le souvenir le plus memorable est probablement la prison de San Pedro. Etrange prison, plus que jamais j'ai realisee a quel point argent signifie pouvoir. Ville dans la ville, elle abrite pour la plupart des traffiquants de drogue - il y a le celebre bolivien qui a eu 24 ans pour 4 tonnes de cocaine, dont on peut apercevoir la grande residence et les bodyguards autour, il y a Hans l'allemand - notre guide qui a eu 8 ans reduits a 3 et demi pour 2 kilos ou des malheureux touristes qui purgent 8 ans pour quelques grammes. Assez effrayant au debut, j'avoue que mon sang froid m'a quelque peu abandonne lorsqu'il a fallu se decider d'y rentrer, Greg m'a dit qu'on pouvait lire sur mon visage la peur, je crois qu'il avait raison, je voyais tous ces visages effrayants attendant dans la cour, quelque uns en train de nous devisager, probablement par ennui. J'ai quand meme voulu voir, meme si la question qu'on erudit bolivien m'avait pose la veille "Pourquoi veux-tu visiter une prison?" me tracassait. Oui, pourquoi j'ai voulu "visiter" une prison? Probablement du voyeurisme refule, que je pensais detester - on a parfois tendance a se croire meilleur que l'on est vraiment...
Malgre ce ressentiment que j'ai contre mon moi, je me dis que ca vallait le coup quand meme. San Pedro est comme une vrai ville miniature presque, il y a des restos, des boutiques, des femmes et des enfants (rien que 300 enfants), des championats de football, en fait les familles sont autorisees a rejoindre les detenus, et pour les plus demunis c'est tres convenable puisqu'il ne faut pas payer le logement et l'electricite. Il ont meme le cable et ceux qui ont l'argent peuvent s'acheter leur propre habitation a vie, en fait durant le "sejour". On peut acheter de la drogue partout dans la prison, dans le boutiques memes, apparament cela coute 50$ pour faire rentrer un kilo par la grande porte - bien sur ce sont les policiers qui la ramenent.
Si je compare ceci a toutes les histoires d'Asie que j'ai entendu, je suis tente de me dire que San Pedro est la plus liberale prison de la planete, ceci dit je me rappelle les brand new shoes occidentales de ce gringo blond attendant dans la cour - probablement un tout nouveau "recru" et je me demande quel mirage pour lequel il purge sa peine lui apportera la prochaine nuit?
Cusco - PERU, je ne sais plus quelle date
Cela fait si longtemps que je n'ai pas ecrit une seule ligne, pourtant d'immemorables souvenirs ont ete au RDV. Apres La Paz, Copacabana, une jolie petite ville au bord du Lac Titicaca cote bolivien toujours, avec une magnifique eglise, et visite sur l'Isla del Sol et Isla de la Luna. Ici je me suis offert le luxe d'une belle chambre avec vue sur le lac, un lit tres confortable et surtout salle de bain individuelle (premiere en Bolivie) et eau chaude pour 30 FF la nuit. Cela me fait rire maintenant quand je pense a quel point mon "niveau" de pretention cote confort a baisse pendant ce voyage.
Copacabana - je ne peux pas dire que je suis tombee amoureuse. Les paysages sont splendides, mais il y a tellement de touristes que les locaux sont carrement desagreables, ils n'ont meme pas ete foutus de me donner le prefixe correct alors que j'attendais un coup de fil que je n'ai jamais pu recevoir. J'ai quand meme rencontre des gens tres sympas sur le bateau - des argentins que je souhaiterais revoir en Argentine si je passe a Cordoba, Stefano - l'italien, avec qui on a continue un tout petit bout de chemin ensemble jusqu'a Puno d'ou il est retourne en Bolivie pour escalader une montagne avec des amis qui venaient de lui ecrire. Il y a eu aussi un couple autrichienne - bolivien revenu au pays apres plus de 10 ans.
Apres Copacabana - Puno, toujours le Lac Titicaca, cette fois-ci cote peruvien. Comment tout est relatif - j'ai eu l'impression que tout est tres cher compare a la Bolivie, alors que compare a l'Europe, cela reste toujours tres cheap, d'autant plus si on mange dans les restos ou mangent les locaux plutot que dans des restos remplis de gringos, et la nourriture n'est pas plus mauvaise, le service souvent meilleur, vraiment, j'ai l'impression que dans les restos pour gringos on paye surtout le decor, et on peut tomber malade autant que dans les autres. On est arrive a Puno en fin d'apres-midi - Mary, Greg, Stefano et moi, et le lendemain matin on est partis vers le port pour prendre un petit bateau pour les fameuses iles flottantes. En chemin, on s'est arrete pour regarder des gens danser sur une maison - et on s'est fait inviter pour participer a la celebration de la prochaine construction d'un nouveau etage de la maison. Les gens, plutot pauvres - ont ete tres accueillants et curieux - nous ont fait boire avec eux, tres sympas vraiment, pas de probleme lorsqu'ils nous ont demande d'aller acheter a boire, mais lorsqu'on a decide de partir, un des gars nous a gentimment propose de nous accompagner au port pour nous aider a choisir le bateau - d'ailleurs un des gars les plus sobres de la troupe - d'apres lui, il avait possede un bateau de ce genre et avait travaille avec des touristes dans le passe. Petite precision, le port etait a 2 pas, les prix affiches, donc meme en etant les plus couillons des couillons de la terre, je pense qu'on aurait pu se debrouiller tous seuls, mais puisqu'il a insiste de nous conduire... Enfin, on arrive au port, apres avoir parle avec un gars qui nous demande de payer plus cher sous je ne sais plus sous quel pretexte, et apres notre refus, il nous demande de l'argent pour le "service". Decus, pour ma part pas autant contre lui mais plutot devant cette penible repetition de Copacabana, devant la grande deception que ce qui m'a paru etre la plus "authentique" rencontre du Peru a fini en une question d'argent. Le temps a l'incroyable don d'estomper le moins agreable et de nous faire garder souvent que le meilleur dans nos souvenirs ... Maintenant avec le recul, je me rapelle surtout des jupes avec plein de plis se gonflant au rythmes des danses, les innombrables invitations a trinquer, le bonheur souvent surencherit par la biere sur les visages, d'un petit garcon tout timide lorsque je l'ai invite a danser ... Maintenant avec le recul, je sais que cela a ete une des plus authentiques rencontres du Perou ...
Les iles flottantes - un monde a part, le desir de fuir de ces indiens a donne naissance a l'ingenieux concept : creer des villages sur l'eau, avec rien d'autre que du ____ ro : stufaris (je ne sais plus le mot en francais, c'est les plantes qui poussent dans l'eau). Ce magnifique isolement est devenu aujourd'hui un pelerinage des touristes, je pense qu'ils y acceptent parce que cela leur rapporte un petit peu de revenus. Quand j'ai mis les pieds sur la premiere ile, j'ai eu le sentiment tres embarassant d'etre un elephant visitant le zoo, seulement cette fois-ci au lieu des animaux il y avait des hommes, et les animaux c'etaient nous les touristes, pietinant avec nos regards trop curieux et nos cameras la vie de ces famillles, leur tranquillite retrouve une fois et perdue a jamais maintenant. Seule consolation, le constat que l'instinct de survie probablement leur a developpe une sorte d'armure, ils n'y prettent generalement aucune attention a nous et deroulent leur cotidien comme si on etaient transparents. Cotidien tres calme d'ailleurs, construction de nouvelles barques, preparation du repas, changement de couches au bebe et surtout siestes au soleil. J'ai approche deux petits enfants qui jouaient en mettant bout a bout des morceaux de ro: stufaris - le mot m'echappe toujours - c'etait trop mignon de voir leurs petites mains maladroites, j'ai commence a leur faire des figures plus elaborees - apres quelques moments de mefiance, l'amitie s'est installee et bientot plusieurs petits bouts sont venus s'assoir autour reclamer chacun un petit jouet. Le plus dur a ete de leur dire qu'il fallait que je parte ; meme si le pilote du bateau etait la a crier apres moi qu'il s'en va, il est tellement difficile d'expliquer a un gamin que ca y est, on arrete de jouer. on retourne dans notre monde d'adulte, regit par des horaires et des obligations. Comment DOIT-on conjuguer a un enfant le verbe DEVOIR?
Adieu, innocents enfants, je souhaite de tout coeur que ni ces interminables afflux de touristes ni le desir d'une belle tele ou d'une cuisine toute equipee ne changera pas votre vie, j'espere que vos enfants connaitront eux-aussi cet hors du temps, cette vie pour la vie, simplement ...
Cusco - enorme contraste avec les iles, puisque c'est la Mecca de tous les touristes au Perou, et peut etre un des endroits les plus visites de toute l'Amerique du Sud. Cusco, consideree la capitale des incas, est le point de depart pour Machu Picchu, pour des tours dans la jungle amazonienne egalement je crois, et detient plein de vestiges incas mais pre-incas egalement (Sacsahuaman) tout autour.
Premier objectif a Cusco - faire le tour des agences, et Dieu sait qu'il y en a plein, pour reserver sa place (la moins chere) pour le Camino del Inca - option que j'ai choisie pour voir Machu Picchu. Il faut reserver 3 jours a l'avance, ca coute la peau des fesses (mai pour y aller en train c'est egalement tres cher et on vient pas ici tous les ans je me suis dit). Camino del Inca - Inca trail ou Inca TRAIL selon certains, veut dire marcher pendant environ 40 km pour se rendre au MP en 4 jours. Ca parrait rien comme ca, mais c'est 40 km de montagne, il y a trois cols (ro: varfuri) a passer. C'est tres eprouvant physiquement, le 2eme jour surtout, on se reveille a 4h30, on prend le petit-dej et on commence a monter. De 3000 a 4200 cela monte non stop, portions droites quasiment inexistantes. Tantot ca monte normalement, tantot des marches (ro: trepte) interminables. Je me rappele avoir demande l'heure en pensant qu'il est au moins 10h, je ne peux pas decrire ma deception lorsque j'ai appris qu'il n'etait que 8h du matin. Dur dur, je me suis meme demande a un moment donne pourquoi je suis la puisque puisque personne ne m'y a oblige ... de souffrir ... Par moments j'ai eu l'impression que tout mon corps allait exploser en 1000 morceaux, et il fallait que je continue. Arrivee a 4200 a ete le bonheur. J'etais contente d'y arriver, j'etais contente de ne pas avoir craque et abandonne mon sac a dos aux porteurs comme certains l'ont fait. J'ai senti a quel point il faisait froid la haut une fois arretee (j'avais enleve le bas de mon pantalon auparavant tellement j'avais chaud a cause de l'effort). Plus loin sur la route, j'ai surpris une conversation : c'est comme la naissance d'un bebe, on souffre beaucoup mais on est tellement heureux apres, qu'on oublie les souffrances. Apres le col a 4200 m, descente pendant 2h de l'autre versant, quasiment que des marches. On ne transpire plus, c'est facile, mais mon Dieu qu'est-ce que les genoux en prennent un coup (surtout les miens qui sont deja assez abimes). Arrives en bas, on dejeune et on se repose une heure en tout, apres quoi on recommence a monter, et il y a presque que des marches. Quand est-ce que cette journee va finir?
Quatrieme jour enfin - reveil a 4h du matin petit dejeuner rapide et 1h30 de marche (tres bruyant au debut, c'etait l'embouteillage des gringos a la queuelele - ca s'ecrit comme ca? - silence total apres, chacun retenait son emotion je pense) - jusqu'a la Porte du Soleil, l'endroit d'ou on appercoit le tant attendu MP.
Misterieuse merveille, citadelle solitaire, vieux reve a moi, te voila enfin devant mes yeux qui ont du mal a comprendre qu'ils te regardent. On attend tous que le soleil te reveille doucement, tout parait petit vu d'en haut, je te demande pardon que je me suis sentie plus emue devant cette demande en marriage qu'en anglais a fait a sa copine - peut etre leur reve aussi - larmes de bonheur de la fille, c'est magnifique ... Je m'eloigne du monde, et je me retrouve face a toi seule, ta beaute et mes emotions qui s'amplifient ... Je ne me lasse pas de contempler ce silence vert, austere, les rayons de soleil qui avancent vers toi, je sens que ce moment est unique, je pense a la chance que j'ai, je me sens plus pret de Dieu que jamais ... c'est pourquoi je Lui remercie pour tout en cet instant de bonheur absolu.
Il y a ces quelques moments uniques qui declenchent en nous une avalanche de sentiments, une prise de conscience aussi. Pour moi MP c'etait qu'emotion, peut etre pour quelqu'un d'autre ce ne sera que des belles ruines, c'est ce qui est en fait le cas ... Un declencheur invisible, imprevisible aussi, peut ouvrir la soupape de notre ame quand on ne le s'attend pas. Bonheur - oui, je crois de plus en plus dans cette theorie du bonheur compose de moments de bonheur plutot qu'un fluide lent de tous les jours - tu as ete tellement immense que je ne veux plus retourner un jour a MP, par peur d'abimer ton precieux souvenir ...
Arequipa, le 9 aout
En parlant avec moi-meme - c'est beaucuop plus joli en roumain - "De vorba cu mine insumi", je crois que c'est Cioran que je suis en train de plagier. Je suis arrivee hier matin a Arequipa, apres encore un trajet de 12 h de nuit et j'ai decidee d'y rester quelques jours, avant de reprendre la route pour le Chili. Je me sens fatiguee, je n'ai pas arrete de faire et defaire mon sac a dos presque tous les matins dernierement. J'adore mon petit hotel pas cher qui n'a probablement pas recu de couche de peinture depuis des siecles, il y a une terasse avec vue sur la ville et une petite table pour s'asseoir au soleil juste a cote de ma chambre. Arequipa est une grande ville, la deuxieme au Peru, pourtant je me sens au calme ici, et donc j'ai choisi cet endroit pour un peu de tranquillite et de dialogues avec moi-meme. Poutant il faut dire les choses comme elles sont: il fait tres beau et chaud apparament toute l'annee, pour la premiere fois apres 2 mois j'ai CHAUD! (la nuit il fait un peu plus froid mais tout de meme plus besoin d'utiliser mon attirail anti-froid). Le bonheur absolu lorsque j'ai renverse le contenu de mon sac a dos par terre pour retrouver mes sandales et mes tops - oublies au fond depuis le Bresil. Je me suis sentie presque femme a nouveau - T-shirt sans manches, colier local et pantalons tres legers. Quel besoin a-t-on des robes de soiree en fin de compte? Adi, je crois que je vais avoir un choc lorsque je vais retrouver l'armoire pleine de vetements - pour la plupart inutiles - chez toi! J'entasse, j'achete, je consomme, et puis finalement je peux me satisfaire avec si peu! Je dis ca maintenant mais qui sait ce que va etre "moi" une fois de retour a la vie "normale". Je pense a l'epilogue de FG, apres un an de voyage pour la plupart en stop, ecrit a son retour en France - "Je ne pense plus à mon voyage, c’est terminé et j’évite d’en parler aux autres."
Je ne pense pas que ce voyage m'a transforme radicalement. Je ne pense pas que mon "moi" est different qu'auparavant. Mes besoins ont changes, mes perceptions sont differentes, mes senses sont extremement sensitives, mais mon "moi" profond, mes desirs, mes peurs, mes couleurs sont les memes. Je suis heureuse d'ecrire ca parce que je le pense, parce que je suis heureuse de sentir m'envahir dans tous mes pores ce sentiment de "je n'ai pas cherche le bonheur ou mon identite dans ce voyage" - comme ont pense certains, je n'ai pas cherche la "verite", j'ai juste voulu apprendre plus sur ce monde, me satisfaire des "ancestrales" curiosites, voire plus loin que mon cotidien "metro boulot dodo". Cela peut paraitre tres pretentieux, mais une de mes premieres lecons de ce voyage (ecole du Bresil) me font assumer cela assez facilement. "S'ecouter soi-meme, son instinct, c'est plus important que de vouloir faire plaisir aux autres". Different contexte mais ca colle ici "tam bien".
Arica - CHILE, le 16 aout
Je reprends le fil ... apres Cusco, Nasca - curiosite pour ce mistere oblige. Tour en petit avion, indispensable pour voir les figures, un tour de 360 a gauche, encore un a droite au dessus de chaque figure, et tres vite tout mon corps est tendu comme un ressort pour essaier de maitriser l'envie de vomir. Portant j'avais ete avertie par Mary (que j'ai re-rencontre a Nasca par hasard la veille au soir apres qu'on s'etait deja separe auparavant, faute d'itineraire et timing different). Pauvre Mary avait utilise le sac a vomir la veille dans l'avion, du coup prevoyante j'ai prepare la tablette anti-nausees, que bien evidemement j'ai oublie de prendre dans la hate de quitter la chambre, la reception ne m'avait pas reveille comme prevu. D'ailleurs du coups j'ai rachete une montre a 1.25 $, chere par rapport a celle de Bolivie, qui m'avait coute que 0.70$ (et dure heroiquement 1 mois). Et un reveil aussi, mais il faut dire qu'il ne sonne pas assez fort pour mes oreilles sourdes du matin.
Ica, ou plutot l'oasis dont j'ai oublie le nom en dehors de la ville - ou je retrouve a nouveau Greg et Mary par hasard. Tres sympa apres-midi dans les dunes de sable, a s'emmerveiller comme des enfants - des pas de marionette avec ressort en s'amusant a devaler la pente de sable, pourtant si penible a monter.
Depart au soir pour Pisco - ville tranquille au bord du Pacifique, dont la boisson nationale peruvienne y porte le nom. J'ai fait le plein de ceviche - excellent plat peruvien a base de poisson marine. Visite des Isles Ballestas et de la Pensinsule Paracas - pour voir des colonies de lions de mer et d'oiseaux, aussi quelques adorables pingouins. Tres mignones betes, je n'avais qu'une envie, sauter du bateau pour leur faire plein de bisous. Tristes et definitifs adieux avec Mary et Greg - pour eux le voyage venait de finir, depart pour Lima pour voler back aux US le lendemain. Mary m'a ecrit un email tres triste apres son retour, ils sont tres deprimes et me conseillent de profiter autant que je peux de la suite de mon voyage. Ce n'est pas le premier email de ce genre que j'ai recu des gens rencontres pendant le voyage. J'evite d'y penser a mon retour pour le moment, j'ai eu un moment de forte solitude pas longtemps auparavant, quand je sentie une forte envie de revoir des etres chers, mais cela m'est passe tres vite ...
Autre penible voyage de nuit pour Arequipa, ville que j'ai vraiment adore et du coup j'y suis restee plus longtemps que prevu. Je l'ai quitte seulement hier soir - me voila depuis ce matin a Arica - on a visite une eglise "un de plus importants capitaux architectoniques du Chili" - concue par Gustave Eiffel, a vrai dire j'etais decue de ce que j'ai vu apres avoir lu cette pompeuse description, et ensuite on a ete a la plage avec 2 francais tres sympas voyageant dans le meme bus cette nuit. Ils viennent de reprendre la route pour Santiago, mon bus pour San Pedro de Atacama - le plus sec desert du monde - est bientot aussi, j'ai decide de ne pas y passer la nuit a Arica puisque le seul bus est a 10h du soir, meme si 2 nuits de bus d'affile c'est assez fatiguant, d'autant plus que la veille j'avais fait la fete jusqu'a 6h du matin - c'etait la fete annuelle d'Arequipa, superbe ambiance, je ne pouvais pas rater ca, donc s'y suis restee et je ne regrette pas du tout, j'ai rencontre des gens tres sympas, mais je n'ai plus le temps de raconter maintenant, je me depeche d'envoyer des nouvelles puisque cela faisait si longtemps...
Wednesday, July 03, 2002
Uyuni, 3 juillet
Aujourd'hui je devais partir pour un tour de 4 jours dans les Salars (plateaux de sel) mais la neige tombe cette nuit a bloque les routes. Maintenant en fin d'apres-midi voila le soleil qui se montre donc je croise les doigts pour que la route soit degagee demain . Comme Uyuni sert essentiellement de point de depart pour les Salars, il n'y a vraiment rien a faire, a part faire le marche pour se procurer des vetements chauds (ca caille vraiment et ce n'est rien par rapport aux -20 qui nous attendent la nuit (d'ou -10, -12 dans les dortoirs parce qu'ici tu peux oublier le chauffage). Donc les emplettes du jour: 3 paires de chaussettes dont 2 tricotees main vraiment chaudes, une nouvelle paire de gants plus chaudes que celles que j'ai deja, une sorte de calecon long (ro/hun: titi nadrag, a mettre par dessus le Damart que j'ai deja) et du papier hygienique, indispensable dans ce pays, avec tout ca je pense que je suis prete pour affronter meme la Siberie.
Ayant tout ce temps devant moi, je pense raconter un peu sur la Bolivie, que peu de gens connaissent. Quelques chiffres: un peu plus de 8 millions d'habitants pour 1 million km2. Dixit Lonely PLanet : plus de 100 differents modeles de chapeaux ... le plus marrant est que dans certaines regions ils portent encore des chapeaux comme ceux des espagnols lors de la conquete. Comme ils tissent aussi selon les methodes d'il y a 2000 ans. C'est un pays qui garde fortement ses traditions, et dont plus de 50% de la population ait 100% sang indien. C'est un pays pauvre, apparament le plus pauvre de l'Amerique du Sud, ensemble avec la Guyanne Anglaise. C'est ce qui me revolte constamment ici - cette corruption politique et mauvaise gestion qui empechent de sortir de la misere tous ces millions de gens de l'Amerique latine. Bien que moins que le Bresil qui est extremmement diversifie en ressources, la Bolivie detient egalement beaucoup de richesses naturelles ... ceci dit un salaire assez repandu tourne autour de 50$.
Les boliviens sont tres gentils, bien que beaucoup plus reserves que les bresiliens, d'ou cette image (fausse selon mon humble opinion) que se font certains voyageurs sur la "froideur" des gens. Il est certain qu'ils sont beaucoup moins extravertis que les bresiliens, mais je pense qu'Albert - le suisse que j'ai rencontre au Bresil - avait raison : les boliviens sont timides, ils auraient meme un certain sentiment d'inferiorite en quelque sorte, et c'est pour cela qu'il est plus difficile d'etablir des contacts. Si en plus on pense aux conditions climatiques si difficiles, il n'est pas si etonnant qu'ils sont moins souriants, peut etre qu'a 30 C au bord de la plage ils feraient la fete aussi, qui sait?
Bon, fini la pseudo-pledoirie bidon sur le sourire sud-americain, je ferais mieux de raconter un peu plus "concretement".
Apres le Pantanal - passage des quelques km de la frontiere en 3 moyens de transport: moto-taxi (c’est-a dire moi et mes bagages sur le dos sur la moto) jusqu’au centre - penible mais pas cher, puis bus local jusqu’a la frontiere puis taxi bolivien partage avec deux autres femmes jusqu’au premier village de Bolivie (et rebelotte : retour jusqu’au point de frontiere puisque heureusement j’ai demande les 2 bonnes femmes comment se fait-il que personne n’a tampone mon passeport ?) Mal ! Probleme si gringo, donc retour mais puisqu’ils sont si gentils comme je le disait auparavant :-), le chauffeur ne m’a pas fait payer plus et les aimables dames n’etaient pas trop pressees non plus ... J’arrive enfin au village, ou la seule connexion est un train pour Santa-Cruz : j’en avais un le soir meme et un autre mettant deux fois plus de temps mais beaucoup moins cher egalement le lendemain. Apres longues hesitations (je suis radine parfois! ), je prends la derniere place libre pour le train du soir meme. Dans le train je rencontre un couple voyageant depuis presqu’un an, descendant depuis l’Alaska - un americain marie a une hongroise : Greg et Mary. Puisqu’on a le meme itineraire pour le moment, et que l'on s'entend tres bien, on voyage ensemble depuis ...
A propos du train vers Santa-Cruz, une de mes premieres reflexions boliviennes, ou plutot “mondiales” - sur … l’ecologie! Puisque lorsque je vois ce cuisinier (oui, les biscuits que j’avais achetes au Bresil ne m’ont meme pas servi, je vous rapelle c’etait un train de “luxe”!) en train de jeter un sac poubelle PLEIN par la porte je suis en train de me dire que toutes les canettes de Coca, biere, ou autres ordures jetes par dessus bord dans l’Amazone n’etaient rien compare a ca ! Je suis en train de me dire que la prise de conscience de “mon pays n’est pas une ordure” est proportionnelle avec le degre de “civilisation” - ne me sautez pas dessus si j’emploie ce mot. Je pense a la Roumanie aussi, ou cela est en train de changer, Dieu soit loue!
Santa-Cruz - ville “fashion” de Bolivie, par hasard j’y suis rentre dans un magasin ou on pouvait acheter pratiquement tout parfum francais aussi que des vetements a la mode, mais les prix etaient en dollars. Je ne suis pas tombee amoureuse de Santa-Cruz, ce n’est qu’une grande ville (seulement 1 mil d’habitants, mais pour la Bolivie c’est tres grand), en fait c’est la deuxieme apres La Paz. Premier et dernier incident en Bolivie, le coup de la fausse police dont le Lonely Planet t’avertit - qui nous demande les papiers (j’etais avec Greg), nous nous sommes rendus compte et nous nous sommes partis et ils nous ont laisses tranquilles (maman, ne te fais pas de soucis, c’etait plutot rigolo, pas dangereux, sinon je ne raconterais pas :-D )
Apres Santa-Cruz - l'adorable Sucre . Ancienne ville prospere coloniale (actuellement 200 000 habitants), Sucre peut donner une fausse image de la Bolivie, puisqu'on peut manger francais ou chinois dans des restos tres "in", aller voir un film francais a l'Alliance Francaise, etc. J'ai beaucoup aime flanner dans les rues, dans un soleil presque permanent ... Seules visites "educatives" - le musee de l'Artisanat - a faire vraiment, et puis sur les traces de dinosaures - c'et vrai, on a decouvert des traces dans une exploitation miniere, le probleme est qu'il n'y a pas d'argent pour entretenir toute cette grande decouverte, la pierre est tres friable et avec la pluie, le vent, ces morceaux partent, pour laisser place aux autres caches en dessous, plus anciennes encore ...
Mais il me vient a l'esprit une annecdote du chemin en bus Santa-Cruz - Sucre, d'ailleurs premier contact avec les vrais transports en commun en Bolivie - qui ont la reputation d'etre parmi les plus mauvais de toute l'Amerique du Sud. Fini les bus avec toilettes et air conditionne du Bresil, fini les routes paves! Et puis les bus sont surcharges ici : apres que toutes les places ont ete prises, on commence a remplir le couloir avec des gens et les bagages sont attaches sur le toit du bus. Donc arret de nuit sur le route vers Sucre ... Comme j'avais vraiment besoin d'aller au toillette apres tant d'heures et que le bus s'est arrete dans un village, je descends et je demande ou se trouvent les toilettes - les gens commencent a rigoler et me disent qu'il n'y a pas de toilettes ici. Du coup j'essaie de trouver un endroit plus cache et je rentre dans une cour ... et soudainement un chien affole surgit et se jete vers moi. Effrayee, je recule, je passe la porte et je tombe puisqu'il y avait un obstacle - un bolivien gentil veut m'aider a me soulever et chasse le chien (rires autour biensur) mais devinez quoi, j'avais mon panatalon encore defait. Donc j'ai dit non merci, j'ai essaye d'arranger la chose (il faisait nuit heureusement) et je me suis levee "dignement". Encore une fois le gentilesse bolivienne - le gars comprehensif envoie sa femme m'accompagner soubvenir a mes besoins, plus loin sur la route, a cote d'autres personnes dans le besoin comme moi...
C'est drole puisque le jour meme j'avais dit que je pensais inutile le vaccin anti-rabique qui m'avait coute une fortune, je retire mes mots meme si le chien ne m'a pas mordu, Dieu soit loue!
Potosi : La ville la plus haute du monde (4070m) et oui, confusion, La Paz est la capitale la plus haute du monde. Un peu difficile de monter et descendre ses rues, on est a bout de souffle quand on n'est pas habitue a l'altitude. Ce fut une ville tres prospere, la plus prospere de l'Amerique du Sud quelques centaines d'annees auparavant a cause de ses mines d'argent. Aujourd'hui ce n'est plus du tout le cas, mais l'empreinte architecturalle colonialle est toujours presente, ceci dit, comme disait un francais, cette ville est plus "bolivienne" que Sucre.
J'ai eu ici une des plus fortes experiences, je pourrais dire de ma vie - meme si theoriquement on est prepare a ce que l'on va voir, c'est tout de meme marquant, je pense a jamais. J'ai paye pour souffrir - qui veut dire marcher pendant 3-4 heures dans les tunnels (grimper ou marcher a 4 pattes serait plus approprie pour une partie du moins), en passant du tres froid a tres chaud, dans des endroits ou l'air etait irrespirable (l'arsenic, la poussiere due a la dynamite par endroits) a quoi on doit rajouter les plus de 4170m d'altitude - pour lesquels les feuilles de coca n'ont pas semble etre d'un tres grand secours pour moi (pour rassurer maman, ce n'est pas comme de la drogue meme si cela en a l'air, c'est considere l'antidot indispensable pour l'altitude par les locaux - vous allez voir dans les photos ils ont tous une boule sur la joue, ce sont les feuilles de coca)... Sur le probleme du coca et des americains je devrais en parler une autre fois.
Mais tout ceci n'est rien compare au vide qu'on peut ressentir quand on croise les lumieres mouvantes dans les tunnels - pauvres ames proscrites par le sort, ou par leur choix de gagner plus d'argent pour entretenir leur famille - montant qui reste toujours miserable, ou plus exactement par l'absence de choix possible qui s'offre a eux ... La plupart du temps ils rentrent dans la mine a 14-15 ans, et meurent apres 15-20 ans (10 ans d'apres le Lonely Planet). Je tente de laisser de cote l'aspect physique - qui est le plus eprouvant de tous ceux que j'ai pu voir ou imaginer en terme de travail - et penser seulement : Que ferais-tu si ton sort serait decide d'avance? Je pense que ce qui nous tient dans la vie si souvent est l'esperance ... Quelle est l'esperance pour ces ames portant si dignement le signe de la mort autour de leur tete, comme des saints? Quelle est l'esperance pour ces anges pour qui le noir et les tenebres est vie?
Serait le Diable - L'Oncle comme ils l'appellent par peur de l'offenser - le Dieu de l'"underground", pour qui ils ont leve une statue en plein noir et apportent des presents (alcohool, cigarettes, nouritture) au moins tous les vendredis? Oncle, entends-tu leurs prieres ou joues-tu seulement avec leurs sentiments? Leur rendrais-tu une vie meilleure un jour, en recompense de tous leur sacrifices, ou existes-tu seulement parce que l'etre humain a besoin de croyances pour entretenir son esperance?
Le guide - son pere et son oncle sont deja morts dans la mine - nous a dit en sortant "j'aime mes gringolitos, j'aime mon travail, je ne peux plus jamais dire que je n'aime pas mon travail". Et pourtant lui aussi est condamne pratiquement autant que les autres (apres avoir fini avec nous il a enchaine avec un autre groupe et il fait ca tous les jours. Que pourrais-je dire moi alors? J'ai peur en quelque sorte d'oublier trop vite ses paroles et son visage heureux d'etre un "chancheux". J'ai peur, non, en fait j'ai plutot honte d'etre ce que je suis, pas dans l'absolu parce que je sais qu'en quelque sorte l'"insatisfaisance" des etres les fait avancer, parce qu'aussi je sais qu'il faut saisir les chances qu'on a, mais j'ai honte dans cet instant precis parce que je vois son visage devant mes yeux, et je devine les visages des lumieres dansant dans le noir, les yeux fatigues remplis de poussiere revant d'un impossible tresor, d'un impossible heureux demain ... Parce qu'ils ont le reve - seule chose que personne ne peut leur prendre - si on leur demande si l'annee prochaine ils vont travailler dans la mine, ils repondent tous non, et ca tous les ans, jusqu'a ce que la mort les rattrape.
Ecrire cela m'a rendue triste, je n'ai plus envie de continuer, juste deux idees de mes recentes lectures:
"George Orwell - La ferme des animaux : Tous les animaux sont egaux. Les uns le sont plus que les autres":
Les dires de Heirnrich Boll telles qu'elles apparaissent dans la preface, en faisant reference a l'Allemagne devenue prospere : "Il vaut meux vivre dans un pays ou les gens sont heureux et chaleureux plutot que dans un pays ou les relations entre les gens sont artificielles et les gens froids ... " J'ai mis les guillemets alors que c'est plus ou moins exact, c'est l'idee qui compte et c'est mon esperance pour la Bolivie.
La Paz - 10 juillet
Trop fatiguee apres le voyage de 17 h pour pouvoir m'endormir tout de suite, j'essaye de rassembler quelques souvenirs sur ce brave cahier Auchan. Difficile, l'image qui me vient a l'esprit constamment est Jodie Foster dans "Panic Room" que j'ai vu ce soir au cine - eh oui, cela m'arrive, pas tres souvent, d'aller au cinema, il faut encore trouver le bon film soustitre en espagnol. Je vais essayer de reprendre le fil ...
Salars de Uyuni Decus mais resignes devant les caprices de la nature (apparament il n'y a pas eu de neige bloquant les routes durant cette periode de l'annee - seche - depuis 5 ans), on est partis pour un tour de 2 jours seulement sur les Salars proprement dits. En fait, a part les salars, il y a les fameuses lagunes, dont la Laguna Colorada a 5000 m, qui parait une peinture de Salvador Dali selon les gens d'ici, avec des structures sculptes par le vent dans le roque, ressemblant a des arbres fantome ... avec des geysers ou j'esperais tant me rechauffer les os apres tout ce froid ...
Peut etre une autre fois ... meme sans les lagunes, les salars meritent l'epitete d'hallucinogeniques - une mer de sel unique qui parait infinie, un paysage d'une autre planete. La premiere journee il a fait beau - pauvres credules qui nous sommes avions pense que ce genereux soleil pourrait fondre la neige rapidemment. On s'est arrete sur l'Isla del Pescador - une "foret" de cactus au milieu d'une "mer" de sel - magnifique! On a vu cet hotel construit entierement du sel et actuellement abandonne et on a dormi dans un village qui paraissait desertique, j'ai eu l'impression que seules les ames errantes des incas et nous touristes troublaient le silence effrayant de ces lieux arrides et fiers - mais il y a eu ces enfants jouant au ballon qui m'ont rappele la vie, et a cet instant j'ai pense - c'est horrible je sais - quel miracle que ces enfants ont un ballon ici au milieu de nulle part! Mais je sais que meme sans ce ballon supermarche, ils en auraient fabrique un, de papier, de vieilles fringues ou simplement d'imagination. J'ai failli partir dans une disertation sur la generation Game-boy - souvenirs de baby-sitter - mais je m'abstient.
Apres une nuit froide - d'ailleurs il ne m'est meme pas venu a l'esprit de changer le T-shirt pour dormir, cela aurait ete de l'autoflagellation - on est monte vers un volcan et on a visite une cave avec des squelets mumifies depuis des centaines d'annees - morbide mais impressionant. Autrefois j'aurais fait certainement un cauchemar apres, mais cette nuit-la j'ai peut etre reve d'une cheminee plein de bois, qui sait ... A vrai dire, la nuit commenca au matin, puisqu'il a eu le train de nuit vers Tupiza ... Mais avant je me rapelle ce vent tres fort (ro: viscol) - tellement de vent que meme les lunettes de soleil ne pouvaient plus proteger mes yeux. Pour le guide le retour a ete speciallement penible, puisqu'il faisait visiblement d'enormes efforts pour trouver ses reperes. Heureusement ce n'etait pas moi le guide, jamais j'aurais pu retrouver mon chemin dans cette mer de blanc, je crois que j'y serais toujours ...
De retour a Uyuni, marche avec Greg jusqu'au cimitiere de trains pour tuer le temps en attendant LE train, et petit rappel de mon enfance ceausiste - panne d'electricite dans toute la ville pendant quelques heures, a cause du mauvais temps toujours.
Tupiza
Triathlon d'une journee (byciclete, cheval et jeep) - par moment je me demandais si j'ai jamais eu des poumons ou si ne n'etais pas qu'un pauvre poisson puni a respirer de l'air - invraisemblables paysages, a me demander si le Grand Canyon etait aussi beau. J'ai pris quelques photos, je n'ai pas besoin d'en dire plus ... Pour ma part, rien a abbatre que la route pour aller a Saint Vincente - le village ou Butch Kassidy and Sundance Kid ont ete tues - etait bloquee egalement, Greg et Mary etaient tres decus par contre.
Le sejour a Tupiza s'est prolonge plus que prevu, faute de billets de trains disponibles, ceci dit me voila a La Paz depuis aujourd'hui.
Bonne nuit!
Aujourd'hui je devais partir pour un tour de 4 jours dans les Salars (plateaux de sel) mais la neige tombe cette nuit a bloque les routes. Maintenant en fin d'apres-midi voila le soleil qui se montre donc je croise les doigts pour que la route soit degagee demain . Comme Uyuni sert essentiellement de point de depart pour les Salars, il n'y a vraiment rien a faire, a part faire le marche pour se procurer des vetements chauds (ca caille vraiment et ce n'est rien par rapport aux -20 qui nous attendent la nuit (d'ou -10, -12 dans les dortoirs parce qu'ici tu peux oublier le chauffage). Donc les emplettes du jour: 3 paires de chaussettes dont 2 tricotees main vraiment chaudes, une nouvelle paire de gants plus chaudes que celles que j'ai deja, une sorte de calecon long (ro/hun: titi nadrag, a mettre par dessus le Damart que j'ai deja) et du papier hygienique, indispensable dans ce pays, avec tout ca je pense que je suis prete pour affronter meme la Siberie.
Ayant tout ce temps devant moi, je pense raconter un peu sur la Bolivie, que peu de gens connaissent. Quelques chiffres: un peu plus de 8 millions d'habitants pour 1 million km2. Dixit Lonely PLanet : plus de 100 differents modeles de chapeaux ... le plus marrant est que dans certaines regions ils portent encore des chapeaux comme ceux des espagnols lors de la conquete. Comme ils tissent aussi selon les methodes d'il y a 2000 ans. C'est un pays qui garde fortement ses traditions, et dont plus de 50% de la population ait 100% sang indien. C'est un pays pauvre, apparament le plus pauvre de l'Amerique du Sud, ensemble avec la Guyanne Anglaise. C'est ce qui me revolte constamment ici - cette corruption politique et mauvaise gestion qui empechent de sortir de la misere tous ces millions de gens de l'Amerique latine. Bien que moins que le Bresil qui est extremmement diversifie en ressources, la Bolivie detient egalement beaucoup de richesses naturelles ... ceci dit un salaire assez repandu tourne autour de 50$.
Les boliviens sont tres gentils, bien que beaucoup plus reserves que les bresiliens, d'ou cette image (fausse selon mon humble opinion) que se font certains voyageurs sur la "froideur" des gens. Il est certain qu'ils sont beaucoup moins extravertis que les bresiliens, mais je pense qu'Albert - le suisse que j'ai rencontre au Bresil - avait raison : les boliviens sont timides, ils auraient meme un certain sentiment d'inferiorite en quelque sorte, et c'est pour cela qu'il est plus difficile d'etablir des contacts. Si en plus on pense aux conditions climatiques si difficiles, il n'est pas si etonnant qu'ils sont moins souriants, peut etre qu'a 30 C au bord de la plage ils feraient la fete aussi, qui sait?
Bon, fini la pseudo-pledoirie bidon sur le sourire sud-americain, je ferais mieux de raconter un peu plus "concretement".
Apres le Pantanal - passage des quelques km de la frontiere en 3 moyens de transport: moto-taxi (c’est-a dire moi et mes bagages sur le dos sur la moto) jusqu’au centre - penible mais pas cher, puis bus local jusqu’a la frontiere puis taxi bolivien partage avec deux autres femmes jusqu’au premier village de Bolivie (et rebelotte : retour jusqu’au point de frontiere puisque heureusement j’ai demande les 2 bonnes femmes comment se fait-il que personne n’a tampone mon passeport ?) Mal ! Probleme si gringo, donc retour mais puisqu’ils sont si gentils comme je le disait auparavant :-), le chauffeur ne m’a pas fait payer plus et les aimables dames n’etaient pas trop pressees non plus ... J’arrive enfin au village, ou la seule connexion est un train pour Santa-Cruz : j’en avais un le soir meme et un autre mettant deux fois plus de temps mais beaucoup moins cher egalement le lendemain. Apres longues hesitations (je suis radine parfois! ), je prends la derniere place libre pour le train du soir meme. Dans le train je rencontre un couple voyageant depuis presqu’un an, descendant depuis l’Alaska - un americain marie a une hongroise : Greg et Mary. Puisqu’on a le meme itineraire pour le moment, et que l'on s'entend tres bien, on voyage ensemble depuis ...
A propos du train vers Santa-Cruz, une de mes premieres reflexions boliviennes, ou plutot “mondiales” - sur … l’ecologie! Puisque lorsque je vois ce cuisinier (oui, les biscuits que j’avais achetes au Bresil ne m’ont meme pas servi, je vous rapelle c’etait un train de “luxe”!) en train de jeter un sac poubelle PLEIN par la porte je suis en train de me dire que toutes les canettes de Coca, biere, ou autres ordures jetes par dessus bord dans l’Amazone n’etaient rien compare a ca ! Je suis en train de me dire que la prise de conscience de “mon pays n’est pas une ordure” est proportionnelle avec le degre de “civilisation” - ne me sautez pas dessus si j’emploie ce mot. Je pense a la Roumanie aussi, ou cela est en train de changer, Dieu soit loue!
Santa-Cruz - ville “fashion” de Bolivie, par hasard j’y suis rentre dans un magasin ou on pouvait acheter pratiquement tout parfum francais aussi que des vetements a la mode, mais les prix etaient en dollars. Je ne suis pas tombee amoureuse de Santa-Cruz, ce n’est qu’une grande ville (seulement 1 mil d’habitants, mais pour la Bolivie c’est tres grand), en fait c’est la deuxieme apres La Paz. Premier et dernier incident en Bolivie, le coup de la fausse police dont le Lonely Planet t’avertit - qui nous demande les papiers (j’etais avec Greg), nous nous sommes rendus compte et nous nous sommes partis et ils nous ont laisses tranquilles (maman, ne te fais pas de soucis, c’etait plutot rigolo, pas dangereux, sinon je ne raconterais pas :-D )
Apres Santa-Cruz - l'adorable Sucre . Ancienne ville prospere coloniale (actuellement 200 000 habitants), Sucre peut donner une fausse image de la Bolivie, puisqu'on peut manger francais ou chinois dans des restos tres "in", aller voir un film francais a l'Alliance Francaise, etc. J'ai beaucoup aime flanner dans les rues, dans un soleil presque permanent ... Seules visites "educatives" - le musee de l'Artisanat - a faire vraiment, et puis sur les traces de dinosaures - c'et vrai, on a decouvert des traces dans une exploitation miniere, le probleme est qu'il n'y a pas d'argent pour entretenir toute cette grande decouverte, la pierre est tres friable et avec la pluie, le vent, ces morceaux partent, pour laisser place aux autres caches en dessous, plus anciennes encore ...
Mais il me vient a l'esprit une annecdote du chemin en bus Santa-Cruz - Sucre, d'ailleurs premier contact avec les vrais transports en commun en Bolivie - qui ont la reputation d'etre parmi les plus mauvais de toute l'Amerique du Sud. Fini les bus avec toilettes et air conditionne du Bresil, fini les routes paves! Et puis les bus sont surcharges ici : apres que toutes les places ont ete prises, on commence a remplir le couloir avec des gens et les bagages sont attaches sur le toit du bus. Donc arret de nuit sur le route vers Sucre ... Comme j'avais vraiment besoin d'aller au toillette apres tant d'heures et que le bus s'est arrete dans un village, je descends et je demande ou se trouvent les toilettes - les gens commencent a rigoler et me disent qu'il n'y a pas de toilettes ici. Du coup j'essaie de trouver un endroit plus cache et je rentre dans une cour ... et soudainement un chien affole surgit et se jete vers moi. Effrayee, je recule, je passe la porte et je tombe puisqu'il y avait un obstacle - un bolivien gentil veut m'aider a me soulever et chasse le chien (rires autour biensur) mais devinez quoi, j'avais mon panatalon encore defait. Donc j'ai dit non merci, j'ai essaye d'arranger la chose (il faisait nuit heureusement) et je me suis levee "dignement". Encore une fois le gentilesse bolivienne - le gars comprehensif envoie sa femme m'accompagner soubvenir a mes besoins, plus loin sur la route, a cote d'autres personnes dans le besoin comme moi...
C'est drole puisque le jour meme j'avais dit que je pensais inutile le vaccin anti-rabique qui m'avait coute une fortune, je retire mes mots meme si le chien ne m'a pas mordu, Dieu soit loue!
Potosi : La ville la plus haute du monde (4070m) et oui, confusion, La Paz est la capitale la plus haute du monde. Un peu difficile de monter et descendre ses rues, on est a bout de souffle quand on n'est pas habitue a l'altitude. Ce fut une ville tres prospere, la plus prospere de l'Amerique du Sud quelques centaines d'annees auparavant a cause de ses mines d'argent. Aujourd'hui ce n'est plus du tout le cas, mais l'empreinte architecturalle colonialle est toujours presente, ceci dit, comme disait un francais, cette ville est plus "bolivienne" que Sucre.
J'ai eu ici une des plus fortes experiences, je pourrais dire de ma vie - meme si theoriquement on est prepare a ce que l'on va voir, c'est tout de meme marquant, je pense a jamais. J'ai paye pour souffrir - qui veut dire marcher pendant 3-4 heures dans les tunnels (grimper ou marcher a 4 pattes serait plus approprie pour une partie du moins), en passant du tres froid a tres chaud, dans des endroits ou l'air etait irrespirable (l'arsenic, la poussiere due a la dynamite par endroits) a quoi on doit rajouter les plus de 4170m d'altitude - pour lesquels les feuilles de coca n'ont pas semble etre d'un tres grand secours pour moi (pour rassurer maman, ce n'est pas comme de la drogue meme si cela en a l'air, c'est considere l'antidot indispensable pour l'altitude par les locaux - vous allez voir dans les photos ils ont tous une boule sur la joue, ce sont les feuilles de coca)... Sur le probleme du coca et des americains je devrais en parler une autre fois.
Mais tout ceci n'est rien compare au vide qu'on peut ressentir quand on croise les lumieres mouvantes dans les tunnels - pauvres ames proscrites par le sort, ou par leur choix de gagner plus d'argent pour entretenir leur famille - montant qui reste toujours miserable, ou plus exactement par l'absence de choix possible qui s'offre a eux ... La plupart du temps ils rentrent dans la mine a 14-15 ans, et meurent apres 15-20 ans (10 ans d'apres le Lonely Planet). Je tente de laisser de cote l'aspect physique - qui est le plus eprouvant de tous ceux que j'ai pu voir ou imaginer en terme de travail - et penser seulement : Que ferais-tu si ton sort serait decide d'avance? Je pense que ce qui nous tient dans la vie si souvent est l'esperance ... Quelle est l'esperance pour ces ames portant si dignement le signe de la mort autour de leur tete, comme des saints? Quelle est l'esperance pour ces anges pour qui le noir et les tenebres est vie?
Serait le Diable - L'Oncle comme ils l'appellent par peur de l'offenser - le Dieu de l'"underground", pour qui ils ont leve une statue en plein noir et apportent des presents (alcohool, cigarettes, nouritture) au moins tous les vendredis? Oncle, entends-tu leurs prieres ou joues-tu seulement avec leurs sentiments? Leur rendrais-tu une vie meilleure un jour, en recompense de tous leur sacrifices, ou existes-tu seulement parce que l'etre humain a besoin de croyances pour entretenir son esperance?
Le guide - son pere et son oncle sont deja morts dans la mine - nous a dit en sortant "j'aime mes gringolitos, j'aime mon travail, je ne peux plus jamais dire que je n'aime pas mon travail". Et pourtant lui aussi est condamne pratiquement autant que les autres (apres avoir fini avec nous il a enchaine avec un autre groupe et il fait ca tous les jours. Que pourrais-je dire moi alors? J'ai peur en quelque sorte d'oublier trop vite ses paroles et son visage heureux d'etre un "chancheux". J'ai peur, non, en fait j'ai plutot honte d'etre ce que je suis, pas dans l'absolu parce que je sais qu'en quelque sorte l'"insatisfaisance" des etres les fait avancer, parce qu'aussi je sais qu'il faut saisir les chances qu'on a, mais j'ai honte dans cet instant precis parce que je vois son visage devant mes yeux, et je devine les visages des lumieres dansant dans le noir, les yeux fatigues remplis de poussiere revant d'un impossible tresor, d'un impossible heureux demain ... Parce qu'ils ont le reve - seule chose que personne ne peut leur prendre - si on leur demande si l'annee prochaine ils vont travailler dans la mine, ils repondent tous non, et ca tous les ans, jusqu'a ce que la mort les rattrape.
Ecrire cela m'a rendue triste, je n'ai plus envie de continuer, juste deux idees de mes recentes lectures:
"George Orwell - La ferme des animaux : Tous les animaux sont egaux. Les uns le sont plus que les autres":
Les dires de Heirnrich Boll telles qu'elles apparaissent dans la preface, en faisant reference a l'Allemagne devenue prospere : "Il vaut meux vivre dans un pays ou les gens sont heureux et chaleureux plutot que dans un pays ou les relations entre les gens sont artificielles et les gens froids ... " J'ai mis les guillemets alors que c'est plus ou moins exact, c'est l'idee qui compte et c'est mon esperance pour la Bolivie.
La Paz - 10 juillet
Trop fatiguee apres le voyage de 17 h pour pouvoir m'endormir tout de suite, j'essaye de rassembler quelques souvenirs sur ce brave cahier Auchan. Difficile, l'image qui me vient a l'esprit constamment est Jodie Foster dans "Panic Room" que j'ai vu ce soir au cine - eh oui, cela m'arrive, pas tres souvent, d'aller au cinema, il faut encore trouver le bon film soustitre en espagnol. Je vais essayer de reprendre le fil ...
Salars de Uyuni Decus mais resignes devant les caprices de la nature (apparament il n'y a pas eu de neige bloquant les routes durant cette periode de l'annee - seche - depuis 5 ans), on est partis pour un tour de 2 jours seulement sur les Salars proprement dits. En fait, a part les salars, il y a les fameuses lagunes, dont la Laguna Colorada a 5000 m, qui parait une peinture de Salvador Dali selon les gens d'ici, avec des structures sculptes par le vent dans le roque, ressemblant a des arbres fantome ... avec des geysers ou j'esperais tant me rechauffer les os apres tout ce froid ...
Peut etre une autre fois ... meme sans les lagunes, les salars meritent l'epitete d'hallucinogeniques - une mer de sel unique qui parait infinie, un paysage d'une autre planete. La premiere journee il a fait beau - pauvres credules qui nous sommes avions pense que ce genereux soleil pourrait fondre la neige rapidemment. On s'est arrete sur l'Isla del Pescador - une "foret" de cactus au milieu d'une "mer" de sel - magnifique! On a vu cet hotel construit entierement du sel et actuellement abandonne et on a dormi dans un village qui paraissait desertique, j'ai eu l'impression que seules les ames errantes des incas et nous touristes troublaient le silence effrayant de ces lieux arrides et fiers - mais il y a eu ces enfants jouant au ballon qui m'ont rappele la vie, et a cet instant j'ai pense - c'est horrible je sais - quel miracle que ces enfants ont un ballon ici au milieu de nulle part! Mais je sais que meme sans ce ballon supermarche, ils en auraient fabrique un, de papier, de vieilles fringues ou simplement d'imagination. J'ai failli partir dans une disertation sur la generation Game-boy - souvenirs de baby-sitter - mais je m'abstient.
Apres une nuit froide - d'ailleurs il ne m'est meme pas venu a l'esprit de changer le T-shirt pour dormir, cela aurait ete de l'autoflagellation - on est monte vers un volcan et on a visite une cave avec des squelets mumifies depuis des centaines d'annees - morbide mais impressionant. Autrefois j'aurais fait certainement un cauchemar apres, mais cette nuit-la j'ai peut etre reve d'une cheminee plein de bois, qui sait ... A vrai dire, la nuit commenca au matin, puisqu'il a eu le train de nuit vers Tupiza ... Mais avant je me rapelle ce vent tres fort (ro: viscol) - tellement de vent que meme les lunettes de soleil ne pouvaient plus proteger mes yeux. Pour le guide le retour a ete speciallement penible, puisqu'il faisait visiblement d'enormes efforts pour trouver ses reperes. Heureusement ce n'etait pas moi le guide, jamais j'aurais pu retrouver mon chemin dans cette mer de blanc, je crois que j'y serais toujours ...
De retour a Uyuni, marche avec Greg jusqu'au cimitiere de trains pour tuer le temps en attendant LE train, et petit rappel de mon enfance ceausiste - panne d'electricite dans toute la ville pendant quelques heures, a cause du mauvais temps toujours.
Tupiza
Triathlon d'une journee (byciclete, cheval et jeep) - par moment je me demandais si j'ai jamais eu des poumons ou si ne n'etais pas qu'un pauvre poisson puni a respirer de l'air - invraisemblables paysages, a me demander si le Grand Canyon etait aussi beau. J'ai pris quelques photos, je n'ai pas besoin d'en dire plus ... Pour ma part, rien a abbatre que la route pour aller a Saint Vincente - le village ou Butch Kassidy and Sundance Kid ont ete tues - etait bloquee egalement, Greg et Mary etaient tres decus par contre.
Le sejour a Tupiza s'est prolonge plus que prevu, faute de billets de trains disponibles, ceci dit me voila a La Paz depuis aujourd'hui.
Bonne nuit!
Thursday, June 27, 2002
BOLIVIA
Pensees bresiliennes a Sucre
Du haut des 2800m de cette adorable ville qui est Sucre, je pense au Bresil que j'ai laisse derriere - pas nostalgiquement meme si j'ai beaucoup aime ce pays, puisque j'ai entame un vieux reve : les plateaux andins. Je voudrais pouvoir faire le point - defaut de profession peut etre - mais je me sens incapable de mettre des petits tirets et a la ligne, commencer a enumerer. Meme ce sentiment d'impuissance que j'eprouve a "conclure" me rapelle a quel point ce pays est plein de contrastes, varie, unique. Deux mois ca peut paraitre beaucoup, mais ca ne l'est pas du tout, je comprends maintenant pourquoi certains voyageurs y passent 4 mois, 6 mois, voire plus. Comme Yumi, l'ami japonaise qui a passe 4 mois au Bresil et a finit par apprendre le portuguez - chapeau!
C'est peut etre le pays le plus riche en terme de diversite, de melange culturel et racial. Je pense a mon ami V. de Rio, qui a mon avis connait plus sur l'histoire et la culture francaise que la grande majorite des francais. Je pense au cuisinier du bateau Belem - Manaus qui me demandait avec plein d'innocence si les gens de mon pays ne comprendreraient pas ses paroles. Ou cette jeune fille habitant nord de Manaus qui savait que telle resine vient de tel arbre et enleve les maux de tete mais se demandait comment on faisait la cire.
Je pense richesse et misere, douceur et violence, fragilite et durete, innocence et religion, mais surtout je pense joie de vivre, gaite, plaisir de parler, de partager les emotions...
Je pense a ce dicton d'ici "Dieu est bresilien" - je n'ai jamais rencontre un tel sentiment de fierte nationale, bien plus fort qu'aux Etats Unis, alors que beaucoup moins derangeant en meme temps - une idee m'effleure l'esprit : cela serait-ce cela du seulement au fait que le Bresil ne fait pas de politique externe? Je crois que non, je sens qu'il y a autre chose, je ne sais pas quoi, mais j'ai envie de dire que c'est beau. Je ne sais pas si Dieu est bresilien, mais je pense qu'Il y a mis beaucoup de passion et d'imagination lors de la creation... Reste un mistere pour moi, pourquoi a-t'Il oublie tous ces dizaines de millions de laisses pour compte?
Pensees bresiliennes a Sucre
Du haut des 2800m de cette adorable ville qui est Sucre, je pense au Bresil que j'ai laisse derriere - pas nostalgiquement meme si j'ai beaucoup aime ce pays, puisque j'ai entame un vieux reve : les plateaux andins. Je voudrais pouvoir faire le point - defaut de profession peut etre - mais je me sens incapable de mettre des petits tirets et a la ligne, commencer a enumerer. Meme ce sentiment d'impuissance que j'eprouve a "conclure" me rapelle a quel point ce pays est plein de contrastes, varie, unique. Deux mois ca peut paraitre beaucoup, mais ca ne l'est pas du tout, je comprends maintenant pourquoi certains voyageurs y passent 4 mois, 6 mois, voire plus. Comme Yumi, l'ami japonaise qui a passe 4 mois au Bresil et a finit par apprendre le portuguez - chapeau!
C'est peut etre le pays le plus riche en terme de diversite, de melange culturel et racial. Je pense a mon ami V. de Rio, qui a mon avis connait plus sur l'histoire et la culture francaise que la grande majorite des francais. Je pense au cuisinier du bateau Belem - Manaus qui me demandait avec plein d'innocence si les gens de mon pays ne comprendreraient pas ses paroles. Ou cette jeune fille habitant nord de Manaus qui savait que telle resine vient de tel arbre et enleve les maux de tete mais se demandait comment on faisait la cire.
Je pense richesse et misere, douceur et violence, fragilite et durete, innocence et religion, mais surtout je pense joie de vivre, gaite, plaisir de parler, de partager les emotions...
Je pense a ce dicton d'ici "Dieu est bresilien" - je n'ai jamais rencontre un tel sentiment de fierte nationale, bien plus fort qu'aux Etats Unis, alors que beaucoup moins derangeant en meme temps - une idee m'effleure l'esprit : cela serait-ce cela du seulement au fait que le Bresil ne fait pas de politique externe? Je crois que non, je sens qu'il y a autre chose, je ne sais pas quoi, mais j'ai envie de dire que c'est beau. Je ne sais pas si Dieu est bresilien, mais je pense qu'Il y a mis beaucoup de passion et d'imagination lors de la creation... Reste un mistere pour moi, pourquoi a-t'Il oublie tous ces dizaines de millions de laisses pour compte?
Wednesday, June 26, 2002
PENSEES ECRITES AU BRESIL
LE PANTANAL
J'ai quitte Bresil avec un zeste de deception et c'est dommage, mais ce n'est pas grave, je ne suis pas restee sur cette derniere impression, Bresil est un vaste pays, complexe et varie, c'est donc normal en quelque sorte d'avoir de tout. C'etait donc ce tour au Pantanal, qui est considere comme le meilleur endroit du continent sud-americain pour observer la vie sauvage ... Il y en a plus de jacares (aligators) que d'habitants, je ne me rapelle plus les chiffres mais c'est impressionant. Ceci dit il ne sont pas si mechants comme on pourrait le croire. Ils sont assez petits (ben voyons, ce sont des aligators et non pas des crocodiles, si vous voyez la difference, pour moi c'etait la meme chose avant). Ils ont l'air assez effrayant seulement la premiere fois, mais apres en avoir vu des dizaines ou des centaines en quelques heures, on y prete presque plus attention, on commence a regarder les oiseaux - et ce n'est pas ce qui manque ici.
A propos des aligators, le jour ou ca a vraiment commencer a foirer - mais ca j'en parlerais plus tard - on a du se resigner a pecher des piranhas au bord de la riviere - un baton avec un fil au bout et un reste de poulet et c'est piranhas garanti pour le dinner, tellement il y en a de ca aussi. Petite parenthese : le guide disait que les jacares sont tres utils puisqu'ils mangent les piranhas, donc ca preserve l'equilibre naturel. Donc me voila pecher tranquillement toute seule au bord de la riviere - Anne l'anglaise en a eu marre et les mecs sont alles jouer au footbal - que j'entends un blouff tout pret et qu'est-ce que je vois a moins de 2 m : l'adorable tete d'un adorable jacare me regardant paisiblement. Bon, bah je crois que j'ai assez peche aujourd'hui. Je pars et le guide m'explique qu'il arrive que les aligators viennent pres des pecheurs puisque parfois ceux-ci les nourissent. Du coup, curieuse, je retourne, mais je monte quand meme sur une sorte de planche a 1 m d'hauteur et je commence a lui jeter les restes de poulet. Il n'a pas pris le premier, par contre le deuxieme l'a attrape tout de suite, du coup je jete le troisieme tout pret, en dehors de l'eau - il ne faut pas oublier que j'etais en hauteur donc c'est facile de se la jouer. Le jacare est sorti de l'eau mais pour un bref moment puisque le match de footbal venait de finir et plein de monde est apparu sur les lieux.
Je crois que celui-ci est un des souvenirs que je veux garder du Pantanal. Si je pense au tour lui-meme, au guide qui etait plus qu'ennuye par notre presence et carrement agresif, a l'accueil qu'on a eu en general, au fait que le safari a ete annule et le lendemain l'excursion a cheval, a la diete auquelle on a ete soumis involontairement (meme le pain a ete un probleme parfois) ... a vrai dire cela a fini en drame lorsque j'ai insiste aupres de cette odieuse cuisiniere de nous donner le poisson peche par nous-memes. Suite a cette "impertinence" de ma part, je suis devenue l'ennemi public no 1 au camp, et de toute maniere ca ne valait pas la peine puisqu'on a eu droit essentiellement qu'aux queues et tetes de piranhas, pas au reste ni au poisson chat. Et puis j'ai eu ma recompense finale ... il faut dire que tous les autres touristes (4) ont decide de "debarasser" les lieux lorsque le cheval a ete annule lui aussi, malgre le fait qu'ils avaient paye pour rester plus, et de retourner a l'agence pour essayer de se faire rembourser au moins en partie. Meme 2 gars qui, comme moi, allaient vers la Bolivie ensuite, donc en direction opposee. Je n'ai pas voulu m'enerver encore, prendre et payer 4h de bus, plus une nuit sur place et 4h de retour, alors que j'etais plus que sceptique quant au resultat. Donc je suis restee toute seule - je veux dire la seule gringo au camp - pour attendre le bus pour la frontiere le lendemain. Vous devinez peut etre la suite - bien evidemment qu'ils m'ont fait louper le bus, puisque le chaffeur devait m'amener jusqu'a la route. Je n'ai jamais senti jusqu'a ce jour a quel point une femme pouvait `avoir aucun droit a la parole dans certains coins du monde, puisque lorsque le chauffeur s'est enfin ramene apres m'avoir fait poiroter pendant une heure et demie et lorsque j'ai insiste qu'il se depeche, il m'a crie "assis et tais-toi!" d'un ton si agressif que je me suis tut instantanement, alors que ce n'est pas trop mon genre, mais j'ai senti que si j'allais dire un seul mot de plus il allait me frapper illico presto. J'ai du me resigner et du coup j'ai eu droit a quelques heures de meditation au bord d'une route poussiereuse et trop ensoleillee a atteindre le prochain bus sur la condition de la femme simple au Bresil, ou ailleurs. Je crois qu'au Bresil c'est quand meme different dans certains millieux, en fait ca depend vraiment du niveau d'education.
Voila mes mesaventures au Pantanal, ceci dit je n'ai vraiment pas eu de chance, puisque j'ai rencontre tellement de gens qui ont adore et qui n'ont pas eu part de toutes ces surprises. A l'heure ou j'ecris ca, je n'ai toujours pas envoye d'email a l'agence ni a Lonely Planet (puisque ce tour etait recommande par eux, et ca pourrait servir aux autres) comme je me suis promis de le faire, c'est pas bien !
Aeroport de Sao Paulo (Manaus - Campo Grande)
Assise dans un bar de Sao Paulo, preocupee essentiellement par la question "Comment tuer le temps" - les quelques heures qui me restent avant mon prochain vol pour Campo Grande - je pense a l'equilibre, au fait a l'equilibre en tant que loi de compensation qui agit comme un contrepoids sur une balance invisible, tel le bien et le mal dans une religion, ma religion...
Parce que je pense a Antonio - le chauffeur de taxi qui m'a offert le CD de musique bresilienne spontanement, simplement parce que j'aimais bien cette musique. Ensemble avec un numero de telephone au cas ou je repasserais a Manaus, et le nom de son fils de 5 ans dont il m'avait montre la photo. Aucune trace de drague dans ce merveilleux geste, que j'avoue avoir soupcone initialement par reflexe... J'aimerais retrouver un jour Antonio pour lui dire a quel point son attitude, son geste ont ete importants pour moi.
L'equilibre parce que Antonio est passe sur mon chemin pour me rapeller combien les bresiliens peuvent etre genereux, pour effacer un gout amaire qui me restait du retour de la jungle a Manaus, au contact de ces plus qu'aimables chasseurs de gringos.
Belem - Manaus
- a traduire du roumain
GANDURI SCRISE IN BRAZILIA
Belem - Manaus
Mi-e greu sa pun laolalta impresiile. Cu o camera video ar fi fost mai simplu, poate as fi reusit sa captez privirile acestor copii ai apelor, in timp ce-si agatau cu multa agilitate caiacurile rudimentare de vapor, pt a incerca sa vanda creveti, fructe sau bauturi ce banuiam a fi sucuri naturale in sticle goale de Coca-Cola - "Enjoy!"
Copii frumosi, copii tacuti, copii veseli, ochi inocenti si maturi in acelasi timp, copiii apelor ... asteptand in tacere in caiacuri sa li se arunce o punga de plastic - ce contine haine si una alta din cate am inteles - frumos gest de solidaritate braziliana, culegand darul cu seriozitate, neschitand nici un zambet sau merci, inainte de a disparea din nou in apele atat de misterioase mie, atat de familiare lor ...
Fotbal si samba - cliseul brazilian - eu as adauga biserici si antene satelit ...
LE PANTANAL
J'ai quitte Bresil avec un zeste de deception et c'est dommage, mais ce n'est pas grave, je ne suis pas restee sur cette derniere impression, Bresil est un vaste pays, complexe et varie, c'est donc normal en quelque sorte d'avoir de tout. C'etait donc ce tour au Pantanal, qui est considere comme le meilleur endroit du continent sud-americain pour observer la vie sauvage ... Il y en a plus de jacares (aligators) que d'habitants, je ne me rapelle plus les chiffres mais c'est impressionant. Ceci dit il ne sont pas si mechants comme on pourrait le croire. Ils sont assez petits (ben voyons, ce sont des aligators et non pas des crocodiles, si vous voyez la difference, pour moi c'etait la meme chose avant). Ils ont l'air assez effrayant seulement la premiere fois, mais apres en avoir vu des dizaines ou des centaines en quelques heures, on y prete presque plus attention, on commence a regarder les oiseaux - et ce n'est pas ce qui manque ici.
A propos des aligators, le jour ou ca a vraiment commencer a foirer - mais ca j'en parlerais plus tard - on a du se resigner a pecher des piranhas au bord de la riviere - un baton avec un fil au bout et un reste de poulet et c'est piranhas garanti pour le dinner, tellement il y en a de ca aussi. Petite parenthese : le guide disait que les jacares sont tres utils puisqu'ils mangent les piranhas, donc ca preserve l'equilibre naturel. Donc me voila pecher tranquillement toute seule au bord de la riviere - Anne l'anglaise en a eu marre et les mecs sont alles jouer au footbal - que j'entends un blouff tout pret et qu'est-ce que je vois a moins de 2 m : l'adorable tete d'un adorable jacare me regardant paisiblement. Bon, bah je crois que j'ai assez peche aujourd'hui. Je pars et le guide m'explique qu'il arrive que les aligators viennent pres des pecheurs puisque parfois ceux-ci les nourissent. Du coup, curieuse, je retourne, mais je monte quand meme sur une sorte de planche a 1 m d'hauteur et je commence a lui jeter les restes de poulet. Il n'a pas pris le premier, par contre le deuxieme l'a attrape tout de suite, du coup je jete le troisieme tout pret, en dehors de l'eau - il ne faut pas oublier que j'etais en hauteur donc c'est facile de se la jouer. Le jacare est sorti de l'eau mais pour un bref moment puisque le match de footbal venait de finir et plein de monde est apparu sur les lieux.
Je crois que celui-ci est un des souvenirs que je veux garder du Pantanal. Si je pense au tour lui-meme, au guide qui etait plus qu'ennuye par notre presence et carrement agresif, a l'accueil qu'on a eu en general, au fait que le safari a ete annule et le lendemain l'excursion a cheval, a la diete auquelle on a ete soumis involontairement (meme le pain a ete un probleme parfois) ... a vrai dire cela a fini en drame lorsque j'ai insiste aupres de cette odieuse cuisiniere de nous donner le poisson peche par nous-memes. Suite a cette "impertinence" de ma part, je suis devenue l'ennemi public no 1 au camp, et de toute maniere ca ne valait pas la peine puisqu'on a eu droit essentiellement qu'aux queues et tetes de piranhas, pas au reste ni au poisson chat. Et puis j'ai eu ma recompense finale ... il faut dire que tous les autres touristes (4) ont decide de "debarasser" les lieux lorsque le cheval a ete annule lui aussi, malgre le fait qu'ils avaient paye pour rester plus, et de retourner a l'agence pour essayer de se faire rembourser au moins en partie. Meme 2 gars qui, comme moi, allaient vers la Bolivie ensuite, donc en direction opposee. Je n'ai pas voulu m'enerver encore, prendre et payer 4h de bus, plus une nuit sur place et 4h de retour, alors que j'etais plus que sceptique quant au resultat. Donc je suis restee toute seule - je veux dire la seule gringo au camp - pour attendre le bus pour la frontiere le lendemain. Vous devinez peut etre la suite - bien evidemment qu'ils m'ont fait louper le bus, puisque le chaffeur devait m'amener jusqu'a la route. Je n'ai jamais senti jusqu'a ce jour a quel point une femme pouvait `avoir aucun droit a la parole dans certains coins du monde, puisque lorsque le chauffeur s'est enfin ramene apres m'avoir fait poiroter pendant une heure et demie et lorsque j'ai insiste qu'il se depeche, il m'a crie "assis et tais-toi!" d'un ton si agressif que je me suis tut instantanement, alors que ce n'est pas trop mon genre, mais j'ai senti que si j'allais dire un seul mot de plus il allait me frapper illico presto. J'ai du me resigner et du coup j'ai eu droit a quelques heures de meditation au bord d'une route poussiereuse et trop ensoleillee a atteindre le prochain bus sur la condition de la femme simple au Bresil, ou ailleurs. Je crois qu'au Bresil c'est quand meme different dans certains millieux, en fait ca depend vraiment du niveau d'education.
Voila mes mesaventures au Pantanal, ceci dit je n'ai vraiment pas eu de chance, puisque j'ai rencontre tellement de gens qui ont adore et qui n'ont pas eu part de toutes ces surprises. A l'heure ou j'ecris ca, je n'ai toujours pas envoye d'email a l'agence ni a Lonely Planet (puisque ce tour etait recommande par eux, et ca pourrait servir aux autres) comme je me suis promis de le faire, c'est pas bien !
Aeroport de Sao Paulo (Manaus - Campo Grande)
Assise dans un bar de Sao Paulo, preocupee essentiellement par la question "Comment tuer le temps" - les quelques heures qui me restent avant mon prochain vol pour Campo Grande - je pense a l'equilibre, au fait a l'equilibre en tant que loi de compensation qui agit comme un contrepoids sur une balance invisible, tel le bien et le mal dans une religion, ma religion...
Parce que je pense a Antonio - le chauffeur de taxi qui m'a offert le CD de musique bresilienne spontanement, simplement parce que j'aimais bien cette musique. Ensemble avec un numero de telephone au cas ou je repasserais a Manaus, et le nom de son fils de 5 ans dont il m'avait montre la photo. Aucune trace de drague dans ce merveilleux geste, que j'avoue avoir soupcone initialement par reflexe... J'aimerais retrouver un jour Antonio pour lui dire a quel point son attitude, son geste ont ete importants pour moi.
L'equilibre parce que Antonio est passe sur mon chemin pour me rapeller combien les bresiliens peuvent etre genereux, pour effacer un gout amaire qui me restait du retour de la jungle a Manaus, au contact de ces plus qu'aimables chasseurs de gringos.
Belem - Manaus
- a traduire du roumain
GANDURI SCRISE IN BRAZILIA
Belem - Manaus
Mi-e greu sa pun laolalta impresiile. Cu o camera video ar fi fost mai simplu, poate as fi reusit sa captez privirile acestor copii ai apelor, in timp ce-si agatau cu multa agilitate caiacurile rudimentare de vapor, pt a incerca sa vanda creveti, fructe sau bauturi ce banuiam a fi sucuri naturale in sticle goale de Coca-Cola - "Enjoy!"
Copii frumosi, copii tacuti, copii veseli, ochi inocenti si maturi in acelasi timp, copiii apelor ... asteptand in tacere in caiacuri sa li se arunce o punga de plastic - ce contine haine si una alta din cate am inteles - frumos gest de solidaritate braziliana, culegand darul cu seriozitate, neschitand nici un zambet sau merci, inainte de a disparea din nou in apele atat de misterioase mie, atat de familiare lor ...
Fotbal si samba - cliseul brazilian - eu as adauga biserici si antene satelit ...
