Thursday, June 27, 2002

BOLIVIA

Pensees bresiliennes a Sucre

Du haut des 2800m de cette adorable ville qui est Sucre, je pense au Bresil que j'ai laisse derriere - pas nostalgiquement meme si j'ai beaucoup aime ce pays, puisque j'ai entame un vieux reve : les plateaux andins. Je voudrais pouvoir faire le point - defaut de profession peut etre - mais je me sens incapable de mettre des petits tirets et a la ligne, commencer a enumerer. Meme ce sentiment d'impuissance que j'eprouve a "conclure" me rapelle a quel point ce pays est plein de contrastes, varie, unique. Deux mois ca peut paraitre beaucoup, mais ca ne l'est pas du tout, je comprends maintenant pourquoi certains voyageurs y passent 4 mois, 6 mois, voire plus. Comme Yumi, l'ami japonaise qui a passe 4 mois au Bresil et a finit par apprendre le portuguez - chapeau!
C'est peut etre le pays le plus riche en terme de diversite, de melange culturel et racial. Je pense a mon ami V. de Rio, qui a mon avis connait plus sur l'histoire et la culture francaise que la grande majorite des francais. Je pense au cuisinier du bateau Belem - Manaus qui me demandait avec plein d'innocence si les gens de mon pays ne comprendreraient pas ses paroles. Ou cette jeune fille habitant nord de Manaus qui savait que telle resine vient de tel arbre et enleve les maux de tete mais se demandait comment on faisait la cire.
Je pense richesse et misere, douceur et violence, fragilite et durete, innocence et religion, mais surtout je pense joie de vivre, gaite, plaisir de parler, de partager les emotions...
Je pense a ce dicton d'ici "Dieu est bresilien" - je n'ai jamais rencontre un tel sentiment de fierte nationale, bien plus fort qu'aux Etats Unis, alors que beaucoup moins derangeant en meme temps - une idee m'effleure l'esprit : cela serait-ce cela du seulement au fait que le Bresil ne fait pas de politique externe? Je crois que non, je sens qu'il y a autre chose, je ne sais pas quoi, mais j'ai envie de dire que c'est beau. Je ne sais pas si Dieu est bresilien, mais je pense qu'Il y a mis beaucoup de passion et d'imagination lors de la creation... Reste un mistere pour moi, pourquoi a-t'Il oublie tous ces dizaines de millions de laisses pour compte?

Wednesday, June 26, 2002

PENSEES ECRITES AU BRESIL

LE PANTANAL

J'ai quitte Bresil avec un zeste de deception et c'est dommage, mais ce n'est pas grave, je ne suis pas restee sur cette derniere impression, Bresil est un vaste pays, complexe et varie, c'est donc normal en quelque sorte d'avoir de tout. C'etait donc ce tour au Pantanal, qui est considere comme le meilleur endroit du continent sud-americain pour observer la vie sauvage ... Il y en a plus de jacares (aligators) que d'habitants, je ne me rapelle plus les chiffres mais c'est impressionant. Ceci dit il ne sont pas si mechants comme on pourrait le croire. Ils sont assez petits (ben voyons, ce sont des aligators et non pas des crocodiles, si vous voyez la difference, pour moi c'etait la meme chose avant). Ils ont l'air assez effrayant seulement la premiere fois, mais apres en avoir vu des dizaines ou des centaines en quelques heures, on y prete presque plus attention, on commence a regarder les oiseaux - et ce n'est pas ce qui manque ici.
A propos des aligators, le jour ou ca a vraiment commencer a foirer - mais ca j'en parlerais plus tard - on a du se resigner a pecher des piranhas au bord de la riviere - un baton avec un fil au bout et un reste de poulet et c'est piranhas garanti pour le dinner, tellement il y en a de ca aussi. Petite parenthese : le guide disait que les jacares sont tres utils puisqu'ils mangent les piranhas, donc ca preserve l'equilibre naturel. Donc me voila pecher tranquillement toute seule au bord de la riviere - Anne l'anglaise en a eu marre et les mecs sont alles jouer au footbal - que j'entends un blouff tout pret et qu'est-ce que je vois a moins de 2 m : l'adorable tete d'un adorable jacare me regardant paisiblement. Bon, bah je crois que j'ai assez peche aujourd'hui. Je pars et le guide m'explique qu'il arrive que les aligators viennent pres des pecheurs puisque parfois ceux-ci les nourissent. Du coup, curieuse, je retourne, mais je monte quand meme sur une sorte de planche a 1 m d'hauteur et je commence a lui jeter les restes de poulet. Il n'a pas pris le premier, par contre le deuxieme l'a attrape tout de suite, du coup je jete le troisieme tout pret, en dehors de l'eau - il ne faut pas oublier que j'etais en hauteur donc c'est facile de se la jouer. Le jacare est sorti de l'eau mais pour un bref moment puisque le match de footbal venait de finir et plein de monde est apparu sur les lieux.
Je crois que celui-ci est un des souvenirs que je veux garder du Pantanal. Si je pense au tour lui-meme, au guide qui etait plus qu'ennuye par notre presence et carrement agresif, a l'accueil qu'on a eu en general, au fait que le safari a ete annule et le lendemain l'excursion a cheval, a la diete auquelle on a ete soumis involontairement (meme le pain a ete un probleme parfois) ... a vrai dire cela a fini en drame lorsque j'ai insiste aupres de cette odieuse cuisiniere de nous donner le poisson peche par nous-memes. Suite a cette "impertinence" de ma part, je suis devenue l'ennemi public no 1 au camp, et de toute maniere ca ne valait pas la peine puisqu'on a eu droit essentiellement qu'aux queues et tetes de piranhas, pas au reste ni au poisson chat. Et puis j'ai eu ma recompense finale ... il faut dire que tous les autres touristes (4) ont decide de "debarasser" les lieux lorsque le cheval a ete annule lui aussi, malgre le fait qu'ils avaient paye pour rester plus, et de retourner a l'agence pour essayer de se faire rembourser au moins en partie. Meme 2 gars qui, comme moi, allaient vers la Bolivie ensuite, donc en direction opposee. Je n'ai pas voulu m'enerver encore, prendre et payer 4h de bus, plus une nuit sur place et 4h de retour, alors que j'etais plus que sceptique quant au resultat. Donc je suis restee toute seule - je veux dire la seule gringo au camp - pour attendre le bus pour la frontiere le lendemain. Vous devinez peut etre la suite - bien evidemment qu'ils m'ont fait louper le bus, puisque le chaffeur devait m'amener jusqu'a la route. Je n'ai jamais senti jusqu'a ce jour a quel point une femme pouvait `avoir aucun droit a la parole dans certains coins du monde, puisque lorsque le chauffeur s'est enfin ramene apres m'avoir fait poiroter pendant une heure et demie et lorsque j'ai insiste qu'il se depeche, il m'a crie "assis et tais-toi!" d'un ton si agressif que je me suis tut instantanement, alors que ce n'est pas trop mon genre, mais j'ai senti que si j'allais dire un seul mot de plus il allait me frapper illico presto. J'ai du me resigner et du coup j'ai eu droit a quelques heures de meditation au bord d'une route poussiereuse et trop ensoleillee a atteindre le prochain bus sur la condition de la femme simple au Bresil, ou ailleurs. Je crois qu'au Bresil c'est quand meme different dans certains millieux, en fait ca depend vraiment du niveau d'education.
Voila mes mesaventures au Pantanal, ceci dit je n'ai vraiment pas eu de chance, puisque j'ai rencontre tellement de gens qui ont adore et qui n'ont pas eu part de toutes ces surprises. A l'heure ou j'ecris ca, je n'ai toujours pas envoye d'email a l'agence ni a Lonely Planet (puisque ce tour etait recommande par eux, et ca pourrait servir aux autres) comme je me suis promis de le faire, c'est pas bien !


Aeroport de Sao Paulo (Manaus - Campo Grande)

Assise dans un bar de Sao Paulo, preocupee essentiellement par la question "Comment tuer le temps" - les quelques heures qui me restent avant mon prochain vol pour Campo Grande - je pense a l'equilibre, au fait a l'equilibre en tant que loi de compensation qui agit comme un contrepoids sur une balance invisible, tel le bien et le mal dans une religion, ma religion...
Parce que je pense a Antonio - le chauffeur de taxi qui m'a offert le CD de musique bresilienne spontanement, simplement parce que j'aimais bien cette musique. Ensemble avec un numero de telephone au cas ou je repasserais a Manaus, et le nom de son fils de 5 ans dont il m'avait montre la photo. Aucune trace de drague dans ce merveilleux geste, que j'avoue avoir soupcone initialement par reflexe... J'aimerais retrouver un jour Antonio pour lui dire a quel point son attitude, son geste ont ete importants pour moi.
L'equilibre parce que Antonio est passe sur mon chemin pour me rapeller combien les bresiliens peuvent etre genereux, pour effacer un gout amaire qui me restait du retour de la jungle a Manaus, au contact de ces plus qu'aimables chasseurs de gringos.

Belem - Manaus
- a traduire du roumain


GANDURI SCRISE IN BRAZILIA

Belem - Manaus
Mi-e greu sa pun laolalta impresiile. Cu o camera video ar fi fost mai simplu, poate as fi reusit sa captez privirile acestor copii ai apelor, in timp ce-si agatau cu multa agilitate caiacurile rudimentare de vapor, pt a incerca sa vanda creveti, fructe sau bauturi ce banuiam a fi sucuri naturale in sticle goale de Coca-Cola - "Enjoy!"
Copii frumosi, copii tacuti, copii veseli, ochi inocenti si maturi in acelasi timp, copiii apelor ... asteptand in tacere in caiacuri sa li se arunce o punga de plastic - ce contine haine si una alta din cate am inteles - frumos gest de solidaritate braziliana, culegand darul cu seriozitate, neschitand nici un zambet sau merci, inainte de a disparea din nou in apele atat de misterioase mie, atat de familiare lor ...

Fotbal si samba - cliseul brazilian - eu as adauga biserici si antene satelit ...