Friday, September 20, 2002


Santiago, 7 septembre 2002
Je reprends le fil a Santiago, depuis Arica il s'en est passe des choses, et je n'ai rien ecrit, meme pas les habituels emails, je mise lachement sur la comprehension des amis qui me pardonneront comme toujours et continueront a m'ecrire, je l'espere tant ...




San Pedro de Atacama, un village - oasis au milieu du desert le plus arride du monde - ne vous imaginez pas des dunes de sables mais plutot des superfices infinies de quelque chose entre la terre et le sable, et de roches, paysages lunaires qui peuvent vous rendre triste ou juste meditatifs selon l'humeur, a les regarder se succeder si uniformes par la fenetre du bus. Je prefere 1000 fois regarder par la fenetre plutot que me casser la tete a faire la conversation avec ce chilean qui n'arrete pas de me parler - j'ai fait l'erreur d'accepter une empanada au fromage parce que j'avais vraiment faim, et maintenant je regrette amairement puisque l'empanada vallait vraiment pas mes 3 questions a toutes ces phrases a lui demander de repeter, plus rarement, plus clairement s'il vous plait. Je ne comprends rien de ce qui me raconte. J'avais ete avertie que les chileans parlent tres vite, mais je ne m'attendais pas a ce que ce soit si difficile. Un me veut dire un mes (1 mois), finalement j'ai compris qu'ils ne pronnoncent pas les "s" a la fin, il faut dire que je ne parle bien non plus la langue, l'espagnol pour moi n'est que du bouche a l'oreille du voyage. Apres qu'il me demande pour la 3eme fois si on est dimanche alors que je lui avais deja repondu, je me rends compte enfin que ce gars est completement bourre et je comprends pourquoi il ne comprends pas lorsque je lui demande de mieux articuler les mots ... Je me sens plus rassuree du coup, vis a vis de cette difficulte a communiquer qui m'a inhibe. Parce que si on veut parler avec les gens en Amerique du Sud il est preferable de parler un peu d'espagnol, il est rare de rencontrer des "jovenes nativos" - l'expression favorie de mes amis argentins de Salta - parlant anglais. On n'a pas tous les jours la chance que j'ai eu a Arequipa, ou j'ai rencontre dans la rue Giovanna, prof d'anglais qui etait aux anges lorsque je lui ai dit que j'etais roumaine, apparament elle a un tres bon ami roumain (amoureux ??? - je crois que oui :-) ) connu par Internet et qui reve d'aller en Roumanie incognito pour lui faire la surprise.
Apres cette longue et probablement ennuyeuse paranthese sur les inconvenients de la methode "apprendre les bases de l'espagnol en 3 semaines sinon vous resterez au niveau gringo - le vrai (c'est a dire nord americain) de base a demander " a Coca Cola please", me voila a San Pedro, endroit cool mais tres cher aussi, ou poussiere demesuree revient dans la bouche et jusque dans le slip en moins de 5 minutes apres la douche. Si on a fait l'erreur comme moi de mettre de la creme avant de sortir, c'est fond de teint Atacama garanti!
Un village paraissant tres authentique, pas d'asphalte dans les rues, maisons en terre qui pourtant font presque toutes agence de tourisme au centre. Moi ras le bol le tourisme a ce moment la - je me paye quand meme un tour au geysers, puisqu'il n'y a pas d'autre moyen d'y aller et puis je n'ai jamais vu des geysers moi, c'est a plus de 3 h de route - reveil a 3h du mat, un crime apres m'etre couchee apres 0h00 la veille, le but est d'arriver avant le lever du soleil ... admirer la lumiere et les couleurs qui se methamorphosent, l'eau bouillanante (est-ce que ce mot existe ou seulement bouillante?) et les vapeurs qui dansent frenetiquement dans le demi-jour (il fait encore tres froid, -7) et qui perdent de leur puissance avec l'arrivee du soleil qui apprivoise les cons de fumee mais fait aparaitre une splendeur de couleurs digne d'une peinture de Picasso (excuses papa, je sais que tu aurais aime un autre peintre probablement). Congelee mais emerveillee apres ce tour ... je pense a l'Islande que j'aimerais decouvrir un jour - je suis un enfant trop gate, je le sais, alors j'utilise mon excuse a 3 francs: le monde n'est il pas trop petit pour nos ames reveuses d'eternels enfants?
San Pedro de Atacama, aussi location de byciclete pour decouvrir les environs avec un couple de francais, et tentatives assez decevantes d'en apprendre plus sur le regime de Pinochet. Conflits maitrises avec un gars qui s'enerve assez vite et me demande de retourner dans mon pays (lequel, je me le demande???) pourquoi je viens ici perturber sa tranquillite? Il se calme lorsque je lui dit que je viens ici AUSSI pour en apprendre plus que ce que je sais par le mass-media, et que si les gens du pays refusent d'en parlent je vais rester aux dires de la tele et ce ne sera plus ma faute ... Il se calme et a envie de discuter, apres m'avoir demande de parler tout bas ... Il est vrai que j'ai deja ma propre vision de la chose, culture des mass medias je dois l'avouer. Peut etre trop tot mais je ne peux pas m'empecher d'admettre qu'au Chile, il y a encore beaucoup trop de gens qui le regrettent ... A la sortie, je fais part de ma deception quant a la difficulte d'en parler a un chilean que j'avais connu auparavant, il me propose de me raconter sa verite - on remet ca au lendemain soir (je dois me reveiller dans 3h) - malchance, notre lieu de RDV, un des bars les plus "inn" de San Pedro vient de de fermer, avec un escrito genre "fraude dans le payment des impots". Je n'ai plus rencontre ce chilean aimable ne a Vienne puisque ses parents avaient du fuire le regime de Pinochet. ce n'est pas grave, je reviendrai au Chili - zig-zag Chili - Argentine pour me rendre au plus tard en Terre de Feu.

Impossible d'acheter un billet de bus pour Salta - Argentina a San Pedro, du coup on va faire le stop avec Anne-Lise - une francaise super-sympa pour qui le tour du monde d'un an approche sa fin et coup de bol - un bus Chili - Buenos Aires nous prends tout de suite.

Argentina, mon coup de coeur, mon amour de pays, une terre immense d'une grande beaute si variee mais surtout le pays ou amabilite et gentillesse sont intrinseques. Les gens sont sympas, ouverts et trop COOL ... Je crois que je l'ai deja ecrit dans un email, Argentina est le pays ou il me plairait bien y vivre. En plus, il y a le rafinement et la classe dignes de la France ou de l'Italie. Un exemple stupide, l'Argentine est le premier pays ou je ne dois pas me balader avec le rouleau de papier toilette partout, et cela malgre les grandes difficultes economiques que le pays traverse (actuellement les prix sont descendus au niveau bolivien, voire moins cher, pour une qualite de service similaire a l'Europe Occidentale). Chile, malgre sa bonne sante economique - probablement la meilleure de toute l'Amerique du Sud, n'a pas de papier cul dans les toilettes, n'a pas les vitrines remplies de vetements chics et surtout au Chile la bouffe est trop similiare a son idole non avoue qu'elle s'efforce tant de copier (il n'y a qu'a voir leur drapeau, ca a l'air d'une etoile egaree de ses 51?? grandes soeurs), difficile de bouffer autre chose que hamburgers frites. Reste un mistere a elucider pour moi - comment se fait-il que les chileans ne sont pas obeses? Les americains, (pardon les nord-americains, ici c'est une insulte que j'ai prononce si souvent malgre moi) auraient peut etre quelque chose a apprendre sur comment maintenir la silhouette en conditions extremes tres tres difficiles. En Argentine, on mange la meilleure viande du monde - c'est un de facto, pas de contreverses s'il vous plait, mais il n'y a pas que ca, toute la bouffe fond dans la bouche quel regal pour un prix derisoire, moi j'ai pris plus de poids que j'ai perdu les mois precedents.

Argentina, j'ai adore des le premier jour. Difficultes a contenir nos "excitations" devant la multitude de boutiques niveau occidental tres tres bon marche. Et regardes-ci, et regardes-ca, punaise ca coute que dalle. Qu'est-ce que j'ai pu rigoler lorsqu' Anne-Lise m'a dit "Diana, il ne faut pas s'enerver". Comment ne pas s'enerver apres avoir mange du pollo con arroz y papas fritas pendant des mois et que maintenant on peut manger aussi bien qu'en France pour presque moins cher qu'en Bolivie, comment ne pas "s'ennerver" lorsqu'on achete des fraises au kilo au lieu du popcorn pour 2 francs le kg avant d'aller au cine?

Que la vie est belle en Argentine, n'est-ce que pas? Surtout lorsqu'on est un gringo. Faux. Honetement, j'aurais prefere que l'Argentine soit encore aujourd'hui le plus cher pays d'Amerique du Sud. C'est trop triste d'entendre les chiffres - plus de 50% de la population vivant dans la misere, mais c'est encore plus triste de sentir le desaroi, le desespoir camoufle si bien par la fierte, la dignite des gens que l'on connait. Chiffres dans les journaux, violence qui monte tous les jours, histoires individuelles racontees qui me culpabilisent lorsque je dis que je voyage pour 6 mois!

L'excitation m'emporte et je pourrais ecrire encore des pages et des pages, seulement il FAUT que j'envoye quelque chose, je me le suis promis solanellement, Diana, reprends-toi et arretes de te laisser trop aller a la dolce vita argentine, il faut donner des nouvelles (puisqu'aux emails tu n'a pas ete fichue de repondre), sinon les amis vont penser comme ta mere que t'es malade ou Dieu sait quoi, alors que tu n'as qu'un seul probleme existentiel maintenant: la montre qui tourne, pourquoi dois-je retourner en France? Serais-je capable de continuer a cultiver en moi ce quelque chose que j'ai eu la chance d'apprivoiser un peu de loin, ou deviendrais-je a nouveau un etre trop soucieux de finir tous les devoirs a temps, qui dans la foule oubliera de sourire aux voisins puisque de toute maniere on les connait pas et c'est mieux comme ca ... No se, malgre toutes les explications "scientifiques" qui debordent, pourquoi on perd ce quelque chose lorsqu'on vit dans une societe "moderne", pourquoi on perd un peu de notre generosite naturelle, de notre curiosite envers l'autre, et pensons constamment je dois, il faut, stress conjugue?


Avec Anne-Lise on a loue une voiture pour 4 jours - la moins chere du marche - evidemment qu'on a paye le prix (3 crevaisons en une journee, le contact electrique au moteur (d'apres ce que j'ai compris moi qui ne connait rien) qui ne se faisait plus, mais on s'en ait bien sorti finalement. Ainsi on a pu visiter les environs de Salta et de San Salvador de Jujuy, vraiment magnifique, sans avoir recours aux tours des agences, et sans payer le ticket de 80 US$ pour un des trains les plus celebres au monde (le train "a las nubes" - aux nuages) - Anne-Lise me dit que c'est le train de la pub de Nestle, que je n'arrive pas a m'en souvenir ....







Dans l'hostal de Salta on a sympathise avec Federico - guide de rafting et Pablo - guide de montagne a Aconcagua, la montagne la plus haute de l'Amerique, 6959 m. Ainsi, on est partis faire le rafting de nuit a la pleine lune, genial!
Apres les 4 jours de vadrouille, Anne-Lise est partie vers Buenos-Aires avec son ami perouvien qui nous avait rejoint, et moi je suis retournee au camp du rafting, ou j'y suis restee une semaine.

Salta Rafting - Cabra Cobral, 100 km de Salta - temps memorable pour moi, en dehors du temps pendant une semaine, dans un cadre plus que pittoresque, avec des gens genials, ou les mots me manquent pour decrire cette suffisance d'etre simplement ... Involontairement plein de reflexions sur mes relations avec le monde, mon egoisme, l'amitie, la generosite, le stress, ma vie a Paris ... Je crois que ces braves gars ne se sont meme pas doute une seconde du melange de jalousie et admiration avec lesquels je les observais. Je les observais et je pensais a moi et a ma vie, a mes attitudes et habitudes acquis dans une societe occidentale, puisqu'un atavique souvenir ait sourgi de ma memoire : mon enfance, adolescence en Roumanie communiste, bout de pain et conserve de cassoulet partage a 10 ainsi qu'une chambre a l'hotel a la mer ou on dormait comme des sardines et on etaient si heureux ... Mais je sais que cette Roumanie la n'existe plus non plus, inevitable passage va't-on dire avec trop de nostalgie, d'ailleurs ma seule nostalgie du communisme ...
Salta Rafting : admirable exercise que j'ai exerce a l'improviste - vivre en communaute, dans le reel sens du terme, pas de connotation baba cool ou peace and love un peu anarchiste, les taches accomplies a tour de role equitablement, la generosite et le partage comme art de vivre, les discussions autour du feu le soir ou simplement les envies de l'adorable Cheche d'arreter le CD avec musique latine pour se mettre a chanter d'une voix chaude, presque feminine accompagnant sa guitare...
Les 2 souvenirs moins cool de la semaine: mon grand stress avant le repas de midi de la seule journee ou je n'ai pas fait du rafting puisque les touristes remplissaient les barques (moi j'ai eu de la chance d'etre adopte par ces gars donc toutes les sorties a l'eau etaient gratuites, dans la limite des places disponibles ...) Ainsi, premier souvenir, mon etat de stress que le repas ne sera pas pret a temps pour les guides qui retournerons affames. Je realise (avec de l'aide) que je stresse pour un rien, il n’y pas mort d’homme pour ca. Cool, take it easy ... Fait insignifiant passe completement inapercu pour les autres, pourtant grande remise en cause avec moi meme, en silence ...
Deuxieme claque, la francaise qui vient faire du rafting – apres trop peu de conversation, avant meme de me demander comment je m’appelle ou qu’est-ce que je fais ici, me pose la question cle que j’avais oublie “et vous faites quoi dans la vie?” Je ne fais rien dans la vie, jolie demoiselle ... A part me rapeller avec un pincement du coeur les regles du monde que je vais retrouver bientot ... Monde base sur les castes, pourquoi t'avons nous contruit comme ca? Pourquoi est-il si important de savoir lorsqu'on fait du rafting pendant seulement 2 h "possitionner" les gens rammant derriere ou devant dans la barque? Je me demande si elle m'aurait pose la meme question si elle n'aurait pas ete avocate (pardon P, rien a voir avec toi). Pourquoi les gens de Salta Rafting ne m'ont pas demande qu'est-ce que je faisais dans la vie pendant toute une semaine?
Ingenieur ou mendiant, peu leur importe du moment qu'on est "buena onda". Salta Rafting - mon baptmene au rafting qui s'est transforme en une semaine - probablement meilleurs moments affectifs de tout mon voyage ...

Chile - j'ai peur d'y avoir ete un peu injuste, je me rends compte que je ne fais qu'alimenter ces tensions Chile-Argentina, les non-dits
ressentis partout : les argentins se croiraient plus europeens, plus occidentaux, chose que leurs voisins n'apprecient pas trop et ca se comprend. C'est vrai que les argentins se sentent un peu differents - fait que mon subjectivite accepte ceci-dit, finalement je suis un peu rassiste ... les voisins ressentent ce sentiment qui ne peut qu'engendrer des sentiments negatifs en retour. D'ou ce triste imprononcable contentement proche du "et que justice soit faite" que laissent transpirer presque de maniere imperceptible les voisins (pas seulement les chileans), a l'egard de la grande chute que l'Argentine est en train de subir.
Encore je divague beaucoup, mon propos initial autant que je m’en souvienne fut que Chile est egalement un tres beau pays, vraiment. Apres, ce n’est que mon subjectivite : pourquoi je trouve tres seduisant Richard Gere et Brad Pitt seulement tres beau, alors qu’il est tres seduisant lui-aussi? Les chileans sont moins bavards, moins disponibles a donner des renseignements, mais generalement sont tres gentils. Sur l’Isla de Chiloe, on a fait de l’auto-stop pour aller pecher, on etait trois, tres facile, et au retour le gars a fait un detour pour nous ramener jusqu’au village ou on habitaient, en insistant “service complet” (ici on ne paye pas lorsqu’on fait du stop). Deuxieme stop pour passer en Argentine, puisqu’il n’y avait plus de bus ce jour la et on ne voulait plus attendre le lendemain, le papa avec ses 2 enfants qui nous prend fait un detour pour nous montrer un lac tres beau, alors qu’on n'avait rien demande. Malheureusement il s’arretait a 20 km de la frontiere, pluie et vent tres fort et froid qui nous emportait avec, une heure d’attente du prochain samaritean et congelation progressive de tout mon corps au millieu de nulle part, je n’ai pas arrete de penser a la verite des mots de F : “Diana, tu voulais decouvrir la Patagonie, te voila!” Le climat est aussi sauvage que les paysages. Ensuite, de la frontiere jusqu’a la destination - Bariloche – 3eme samaritean juste au moment ou la frontiere allait fermer, quel coup de bol!

Precisions cote itineraire, apres Salta il y a eu Mendoza, Potrelliche – retour a Mendoza puisqu’a cause de la neige impossible de passer la Cordiliere au Chile, ensuite enfin Santiago, Valparaiso – tres charmante ville si chere a Pablo Neruda ou j’ai pu appercevoir une infime partie de son fabuleux monde exterieur en visitant sa maison en mille couleurs et recoins avec une imprenable vue sur la mer et sur la ville. Valparaiso – Puerto Montt et Isla Grande de Chiloe, retour en Argentine – Bariloche et maintenant Esquel, chez Pablo (le guide de montagne d’Aconcagua), cap sur Ushuaia.

Gros bisous a tous de la Patagonie, fabuleuse terre ou le mot “nature” a probablement ete invente, ensuite le mot “beaute” pour qu’il ne se sente pas seul! Ha, je suis en train de plagier Pablo Neruda qui a achete un portrait d’un chevalier pour que sa reine au visage palotte et rigide ne se sente pas trop seule, ainsi qu’un cheval de manege en bois qu'il a installe au salon.
Ne me demandez pas maintenant ou a-t'on invente le mot “imagination” ?











1 Comments:

Blogger Kalpesh said...

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January 23, 2012 at 9:13 AM  

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