15 juillet, La Paz
Fete nationale de la Bolivie, je ne me serais pas rappele de la fete nationale francaise s'il n'y avait pas eu cet attentat a Jacques Chirac... Pas de probleme avec les dates proprement dites, seulement il arrive lorsqu'on voyage que l'on ne sait plus si c'est lundi ou dimanche, si c'est le 17 ou le 13 ...
Incroyable defile, puisque c'etait le plus tardif de tous ce que j'ai jamais pu imaginer, a 11 h du soir il y avait encore des trompettes dans les rues. J'ai un peu tourne en rond ces jours-ci, aujourd'hui par exemple j'etais censee recuperer mon CD avec mes dernieres photos, mais les gens travaillant dans ce cyber-cafe ou j'ai tout laisse sur disque la veille avec la promesse ferme d'avoir mon CD le matin, ont tout simplement oublie d'ouvrir aujourd'hui. C'est assez courant comme attitude malheureusement ici, il ne faut pas perdre sa patience mais juste se dire que c'est la Bolivie. Dieu sait que j'ai eu des problemes avec les banques, j'ai passe deux jours entieres a faire la queue d'une porte a l'autre, si bien que j'ai fini par oublier que j'avais envie de visiter Tiwanaku, ou bien la Vallee de la Lune. J'ai trouve la consolation pour les deux - apparament on est un peu decus lorsqu'on vient du Peru et c'est ou je vais y aller, quant a la valle de la Lune, celle de Tupiza est au moins aussi belle ...
La Paz est une ville etrange et interessante rien que par son aspect de cuve ornee tout autour avec des maisons en brique rouge - les riches vivent en bas, plus on est pauvre plus on doit monter - ceci dit j'ai tellement l'impression de n'avoir pas fait grande chose - le souvenir le plus memorable est probablement la prison de San Pedro. Etrange prison, plus que jamais j'ai realisee a quel point argent signifie pouvoir. Ville dans la ville, elle abrite pour la plupart des traffiquants de drogue - il y a le celebre bolivien qui a eu 24 ans pour 4 tonnes de cocaine, dont on peut apercevoir la grande residence et les bodyguards autour, il y a Hans l'allemand - notre guide qui a eu 8 ans reduits a 3 et demi pour 2 kilos ou des malheureux touristes qui purgent 8 ans pour quelques grammes. Assez effrayant au debut, j'avoue que mon sang froid m'a quelque peu abandonne lorsqu'il a fallu se decider d'y rentrer, Greg m'a dit qu'on pouvait lire sur mon visage la peur, je crois qu'il avait raison, je voyais tous ces visages effrayants attendant dans la cour, quelque uns en train de nous devisager, probablement par ennui. J'ai quand meme voulu voir, meme si la question qu'on erudit bolivien m'avait pose la veille "Pourquoi veux-tu visiter une prison?" me tracassait. Oui, pourquoi j'ai voulu "visiter" une prison? Probablement du voyeurisme refule, que je pensais detester - on a parfois tendance a se croire meilleur que l'on est vraiment...
Malgre ce ressentiment que j'ai contre mon moi, je me dis que ca vallait le coup quand meme. San Pedro est comme une vrai ville miniature presque, il y a des restos, des boutiques, des femmes et des enfants (rien que 300 enfants), des championats de football, en fait les familles sont autorisees a rejoindre les detenus, et pour les plus demunis c'est tres convenable puisqu'il ne faut pas payer le logement et l'electricite. Il ont meme le cable et ceux qui ont l'argent peuvent s'acheter leur propre habitation a vie, en fait durant le "sejour". On peut acheter de la drogue partout dans la prison, dans le boutiques memes, apparament cela coute 50$ pour faire rentrer un kilo par la grande porte - bien sur ce sont les policiers qui la ramenent.
Si je compare ceci a toutes les histoires d'Asie que j'ai entendu, je suis tente de me dire que San Pedro est la plus liberale prison de la planete, ceci dit je me rappelle les brand new shoes occidentales de ce gringo blond attendant dans la cour - probablement un tout nouveau "recru" et je me demande quel mirage pour lequel il purge sa peine lui apportera la prochaine nuit?
Cusco - PERU, je ne sais plus quelle date
Cela fait si longtemps que je n'ai pas ecrit une seule ligne, pourtant d'immemorables souvenirs ont ete au RDV. Apres La Paz, Copacabana, une jolie petite ville au bord du Lac Titicaca cote bolivien toujours, avec une magnifique eglise, et visite sur l'Isla del Sol et Isla de la Luna. Ici je me suis offert le luxe d'une belle chambre avec vue sur le lac, un lit tres confortable et surtout salle de bain individuelle (premiere en Bolivie) et eau chaude pour 30 FF la nuit. Cela me fait rire maintenant quand je pense a quel point mon "niveau" de pretention cote confort a baisse pendant ce voyage.
Copacabana - je ne peux pas dire que je suis tombee amoureuse. Les paysages sont splendides, mais il y a tellement de touristes que les locaux sont carrement desagreables, ils n'ont meme pas ete foutus de me donner le prefixe correct alors que j'attendais un coup de fil que je n'ai jamais pu recevoir. J'ai quand meme rencontre des gens tres sympas sur le bateau - des argentins que je souhaiterais revoir en Argentine si je passe a Cordoba, Stefano - l'italien, avec qui on a continue un tout petit bout de chemin ensemble jusqu'a Puno d'ou il est retourne en Bolivie pour escalader une montagne avec des amis qui venaient de lui ecrire. Il y a eu aussi un couple autrichienne - bolivien revenu au pays apres plus de 10 ans.
Apres Copacabana - Puno, toujours le Lac Titicaca, cette fois-ci cote peruvien. Comment tout est relatif - j'ai eu l'impression que tout est tres cher compare a la Bolivie, alors que compare a l'Europe, cela reste toujours tres cheap, d'autant plus si on mange dans les restos ou mangent les locaux plutot que dans des restos remplis de gringos, et la nourriture n'est pas plus mauvaise, le service souvent meilleur, vraiment, j'ai l'impression que dans les restos pour gringos on paye surtout le decor, et on peut tomber malade autant que dans les autres. On est arrive a Puno en fin d'apres-midi - Mary, Greg, Stefano et moi, et le lendemain matin on est partis vers le port pour prendre un petit bateau pour les fameuses iles flottantes. En chemin, on s'est arrete pour regarder des gens danser sur une maison - et on s'est fait inviter pour participer a la celebration de la prochaine construction d'un nouveau etage de la maison. Les gens, plutot pauvres - ont ete tres accueillants et curieux - nous ont fait boire avec eux, tres sympas vraiment, pas de probleme lorsqu'ils nous ont demande d'aller acheter a boire, mais lorsqu'on a decide de partir, un des gars nous a gentimment propose de nous accompagner au port pour nous aider a choisir le bateau - d'ailleurs un des gars les plus sobres de la troupe - d'apres lui, il avait possede un bateau de ce genre et avait travaille avec des touristes dans le passe. Petite precision, le port etait a 2 pas, les prix affiches, donc meme en etant les plus couillons des couillons de la terre, je pense qu'on aurait pu se debrouiller tous seuls, mais puisqu'il a insiste de nous conduire... Enfin, on arrive au port, apres avoir parle avec un gars qui nous demande de payer plus cher sous je ne sais plus sous quel pretexte, et apres notre refus, il nous demande de l'argent pour le "service". Decus, pour ma part pas autant contre lui mais plutot devant cette penible repetition de Copacabana, devant la grande deception que ce qui m'a paru etre la plus "authentique" rencontre du Peru a fini en une question d'argent. Le temps a l'incroyable don d'estomper le moins agreable et de nous faire garder souvent que le meilleur dans nos souvenirs ... Maintenant avec le recul, je me rapelle surtout des jupes avec plein de plis se gonflant au rythmes des danses, les innombrables invitations a trinquer, le bonheur souvent surencherit par la biere sur les visages, d'un petit garcon tout timide lorsque je l'ai invite a danser ... Maintenant avec le recul, je sais que cela a ete une des plus authentiques rencontres du Perou ...
Les iles flottantes - un monde a part, le desir de fuir de ces indiens a donne naissance a l'ingenieux concept : creer des villages sur l'eau, avec rien d'autre que du ____ ro : stufaris (je ne sais plus le mot en francais, c'est les plantes qui poussent dans l'eau). Ce magnifique isolement est devenu aujourd'hui un pelerinage des touristes, je pense qu'ils y acceptent parce que cela leur rapporte un petit peu de revenus. Quand j'ai mis les pieds sur la premiere ile, j'ai eu le sentiment tres embarassant d'etre un elephant visitant le zoo, seulement cette fois-ci au lieu des animaux il y avait des hommes, et les animaux c'etaient nous les touristes, pietinant avec nos regards trop curieux et nos cameras la vie de ces famillles, leur tranquillite retrouve une fois et perdue a jamais maintenant. Seule consolation, le constat que l'instinct de survie probablement leur a developpe une sorte d'armure, ils n'y prettent generalement aucune attention a nous et deroulent leur cotidien comme si on etaient transparents. Cotidien tres calme d'ailleurs, construction de nouvelles barques, preparation du repas, changement de couches au bebe et surtout siestes au soleil. J'ai approche deux petits enfants qui jouaient en mettant bout a bout des morceaux de ro: stufaris - le mot m'echappe toujours - c'etait trop mignon de voir leurs petites mains maladroites, j'ai commence a leur faire des figures plus elaborees - apres quelques moments de mefiance, l'amitie s'est installee et bientot plusieurs petits bouts sont venus s'assoir autour reclamer chacun un petit jouet. Le plus dur a ete de leur dire qu'il fallait que je parte ; meme si le pilote du bateau etait la a crier apres moi qu'il s'en va, il est tellement difficile d'expliquer a un gamin que ca y est, on arrete de jouer. on retourne dans notre monde d'adulte, regit par des horaires et des obligations. Comment DOIT-on conjuguer a un enfant le verbe DEVOIR?
Adieu, innocents enfants, je souhaite de tout coeur que ni ces interminables afflux de touristes ni le desir d'une belle tele ou d'une cuisine toute equipee ne changera pas votre vie, j'espere que vos enfants connaitront eux-aussi cet hors du temps, cette vie pour la vie, simplement ...
Cusco - enorme contraste avec les iles, puisque c'est la Mecca de tous les touristes au Perou, et peut etre un des endroits les plus visites de toute l'Amerique du Sud. Cusco, consideree la capitale des incas, est le point de depart pour Machu Picchu, pour des tours dans la jungle amazonienne egalement je crois, et detient plein de vestiges incas mais pre-incas egalement (Sacsahuaman) tout autour.
Premier objectif a Cusco - faire le tour des agences, et Dieu sait qu'il y en a plein, pour reserver sa place (la moins chere) pour le Camino del Inca - option que j'ai choisie pour voir Machu Picchu. Il faut reserver 3 jours a l'avance, ca coute la peau des fesses (mai pour y aller en train c'est egalement tres cher et on vient pas ici tous les ans je me suis dit). Camino del Inca - Inca trail ou Inca TRAIL selon certains, veut dire marcher pendant environ 40 km pour se rendre au MP en 4 jours. Ca parrait rien comme ca, mais c'est 40 km de montagne, il y a trois cols (ro: varfuri) a passer. C'est tres eprouvant physiquement, le 2eme jour surtout, on se reveille a 4h30, on prend le petit-dej et on commence a monter. De 3000 a 4200 cela monte non stop, portions droites quasiment inexistantes. Tantot ca monte normalement, tantot des marches (ro: trepte) interminables. Je me rappele avoir demande l'heure en pensant qu'il est au moins 10h, je ne peux pas decrire ma deception lorsque j'ai appris qu'il n'etait que 8h du matin. Dur dur, je me suis meme demande a un moment donne pourquoi je suis la puisque puisque personne ne m'y a oblige ... de souffrir ... Par moments j'ai eu l'impression que tout mon corps allait exploser en 1000 morceaux, et il fallait que je continue. Arrivee a 4200 a ete le bonheur. J'etais contente d'y arriver, j'etais contente de ne pas avoir craque et abandonne mon sac a dos aux porteurs comme certains l'ont fait. J'ai senti a quel point il faisait froid la haut une fois arretee (j'avais enleve le bas de mon pantalon auparavant tellement j'avais chaud a cause de l'effort). Plus loin sur la route, j'ai surpris une conversation : c'est comme la naissance d'un bebe, on souffre beaucoup mais on est tellement heureux apres, qu'on oublie les souffrances. Apres le col a 4200 m, descente pendant 2h de l'autre versant, quasiment que des marches. On ne transpire plus, c'est facile, mais mon Dieu qu'est-ce que les genoux en prennent un coup (surtout les miens qui sont deja assez abimes). Arrives en bas, on dejeune et on se repose une heure en tout, apres quoi on recommence a monter, et il y a presque que des marches. Quand est-ce que cette journee va finir?
Quatrieme jour enfin - reveil a 4h du matin petit dejeuner rapide et 1h30 de marche (tres bruyant au debut, c'etait l'embouteillage des gringos a la queuelele - ca s'ecrit comme ca? - silence total apres, chacun retenait son emotion je pense) - jusqu'a la Porte du Soleil, l'endroit d'ou on appercoit le tant attendu MP.
Misterieuse merveille, citadelle solitaire, vieux reve a moi, te voila enfin devant mes yeux qui ont du mal a comprendre qu'ils te regardent. On attend tous que le soleil te reveille doucement, tout parait petit vu d'en haut, je te demande pardon que je me suis sentie plus emue devant cette demande en marriage qu'en anglais a fait a sa copine - peut etre leur reve aussi - larmes de bonheur de la fille, c'est magnifique ... Je m'eloigne du monde, et je me retrouve face a toi seule, ta beaute et mes emotions qui s'amplifient ... Je ne me lasse pas de contempler ce silence vert, austere, les rayons de soleil qui avancent vers toi, je sens que ce moment est unique, je pense a la chance que j'ai, je me sens plus pret de Dieu que jamais ... c'est pourquoi je Lui remercie pour tout en cet instant de bonheur absolu.
Il y a ces quelques moments uniques qui declenchent en nous une avalanche de sentiments, une prise de conscience aussi. Pour moi MP c'etait qu'emotion, peut etre pour quelqu'un d'autre ce ne sera que des belles ruines, c'est ce qui est en fait le cas ... Un declencheur invisible, imprevisible aussi, peut ouvrir la soupape de notre ame quand on ne le s'attend pas. Bonheur - oui, je crois de plus en plus dans cette theorie du bonheur compose de moments de bonheur plutot qu'un fluide lent de tous les jours - tu as ete tellement immense que je ne veux plus retourner un jour a MP, par peur d'abimer ton precieux souvenir ...
Arequipa, le 9 aout
En parlant avec moi-meme - c'est beaucuop plus joli en roumain - "De vorba cu mine insumi", je crois que c'est Cioran que je suis en train de plagier. Je suis arrivee hier matin a Arequipa, apres encore un trajet de 12 h de nuit et j'ai decidee d'y rester quelques jours, avant de reprendre la route pour le Chili. Je me sens fatiguee, je n'ai pas arrete de faire et defaire mon sac a dos presque tous les matins dernierement. J'adore mon petit hotel pas cher qui n'a probablement pas recu de couche de peinture depuis des siecles, il y a une terasse avec vue sur la ville et une petite table pour s'asseoir au soleil juste a cote de ma chambre. Arequipa est une grande ville, la deuxieme au Peru, pourtant je me sens au calme ici, et donc j'ai choisi cet endroit pour un peu de tranquillite et de dialogues avec moi-meme. Poutant il faut dire les choses comme elles sont: il fait tres beau et chaud apparament toute l'annee, pour la premiere fois apres 2 mois j'ai CHAUD! (la nuit il fait un peu plus froid mais tout de meme plus besoin d'utiliser mon attirail anti-froid). Le bonheur absolu lorsque j'ai renverse le contenu de mon sac a dos par terre pour retrouver mes sandales et mes tops - oublies au fond depuis le Bresil. Je me suis sentie presque femme a nouveau - T-shirt sans manches, colier local et pantalons tres legers. Quel besoin a-t-on des robes de soiree en fin de compte? Adi, je crois que je vais avoir un choc lorsque je vais retrouver l'armoire pleine de vetements - pour la plupart inutiles - chez toi! J'entasse, j'achete, je consomme, et puis finalement je peux me satisfaire avec si peu! Je dis ca maintenant mais qui sait ce que va etre "moi" une fois de retour a la vie "normale". Je pense a l'epilogue de FG, apres un an de voyage pour la plupart en stop, ecrit a son retour en France - "Je ne pense plus à mon voyage, c’est terminé et j’évite d’en parler aux autres."
Je ne pense pas que ce voyage m'a transforme radicalement. Je ne pense pas que mon "moi" est different qu'auparavant. Mes besoins ont changes, mes perceptions sont differentes, mes senses sont extremement sensitives, mais mon "moi" profond, mes desirs, mes peurs, mes couleurs sont les memes. Je suis heureuse d'ecrire ca parce que je le pense, parce que je suis heureuse de sentir m'envahir dans tous mes pores ce sentiment de "je n'ai pas cherche le bonheur ou mon identite dans ce voyage" - comme ont pense certains, je n'ai pas cherche la "verite", j'ai juste voulu apprendre plus sur ce monde, me satisfaire des "ancestrales" curiosites, voire plus loin que mon cotidien "metro boulot dodo". Cela peut paraitre tres pretentieux, mais une de mes premieres lecons de ce voyage (ecole du Bresil) me font assumer cela assez facilement. "S'ecouter soi-meme, son instinct, c'est plus important que de vouloir faire plaisir aux autres". Different contexte mais ca colle ici "tam bien".
Arica - CHILE, le 16 aout
Je reprends le fil ... apres Cusco, Nasca - curiosite pour ce mistere oblige. Tour en petit avion, indispensable pour voir les figures, un tour de 360 a gauche, encore un a droite au dessus de chaque figure, et tres vite tout mon corps est tendu comme un ressort pour essaier de maitriser l'envie de vomir. Portant j'avais ete avertie par Mary (que j'ai re-rencontre a Nasca par hasard la veille au soir apres qu'on s'etait deja separe auparavant, faute d'itineraire et timing different). Pauvre Mary avait utilise le sac a vomir la veille dans l'avion, du coup prevoyante j'ai prepare la tablette anti-nausees, que bien evidemement j'ai oublie de prendre dans la hate de quitter la chambre, la reception ne m'avait pas reveille comme prevu. D'ailleurs du coups j'ai rachete une montre a 1.25 $, chere par rapport a celle de Bolivie, qui m'avait coute que 0.70$ (et dure heroiquement 1 mois). Et un reveil aussi, mais il faut dire qu'il ne sonne pas assez fort pour mes oreilles sourdes du matin.
Ica, ou plutot l'oasis dont j'ai oublie le nom en dehors de la ville - ou je retrouve a nouveau Greg et Mary par hasard. Tres sympa apres-midi dans les dunes de sable, a s'emmerveiller comme des enfants - des pas de marionette avec ressort en s'amusant a devaler la pente de sable, pourtant si penible a monter.
Depart au soir pour Pisco - ville tranquille au bord du Pacifique, dont la boisson nationale peruvienne y porte le nom. J'ai fait le plein de ceviche - excellent plat peruvien a base de poisson marine. Visite des Isles Ballestas et de la Pensinsule Paracas - pour voir des colonies de lions de mer et d'oiseaux, aussi quelques adorables pingouins. Tres mignones betes, je n'avais qu'une envie, sauter du bateau pour leur faire plein de bisous. Tristes et definitifs adieux avec Mary et Greg - pour eux le voyage venait de finir, depart pour Lima pour voler back aux US le lendemain. Mary m'a ecrit un email tres triste apres son retour, ils sont tres deprimes et me conseillent de profiter autant que je peux de la suite de mon voyage. Ce n'est pas le premier email de ce genre que j'ai recu des gens rencontres pendant le voyage. J'evite d'y penser a mon retour pour le moment, j'ai eu un moment de forte solitude pas longtemps auparavant, quand je sentie une forte envie de revoir des etres chers, mais cela m'est passe tres vite ...
Autre penible voyage de nuit pour Arequipa, ville que j'ai vraiment adore et du coup j'y suis restee plus longtemps que prevu. Je l'ai quitte seulement hier soir - me voila depuis ce matin a Arica - on a visite une eglise "un de plus importants capitaux architectoniques du Chili" - concue par Gustave Eiffel, a vrai dire j'etais decue de ce que j'ai vu apres avoir lu cette pompeuse description, et ensuite on a ete a la plage avec 2 francais tres sympas voyageant dans le meme bus cette nuit. Ils viennent de reprendre la route pour Santiago, mon bus pour San Pedro de Atacama - le plus sec desert du monde - est bientot aussi, j'ai decide de ne pas y passer la nuit a Arica puisque le seul bus est a 10h du soir, meme si 2 nuits de bus d'affile c'est assez fatiguant, d'autant plus que la veille j'avais fait la fete jusqu'a 6h du matin - c'etait la fete annuelle d'Arequipa, superbe ambiance, je ne pouvais pas rater ca, donc s'y suis restee et je ne regrette pas du tout, j'ai rencontre des gens tres sympas, mais je n'ai plus le temps de raconter maintenant, je me depeche d'envoyer des nouvelles puisque cela faisait si longtemps...
Fete nationale de la Bolivie, je ne me serais pas rappele de la fete nationale francaise s'il n'y avait pas eu cet attentat a Jacques Chirac... Pas de probleme avec les dates proprement dites, seulement il arrive lorsqu'on voyage que l'on ne sait plus si c'est lundi ou dimanche, si c'est le 17 ou le 13 ...
Incroyable defile, puisque c'etait le plus tardif de tous ce que j'ai jamais pu imaginer, a 11 h du soir il y avait encore des trompettes dans les rues. J'ai un peu tourne en rond ces jours-ci, aujourd'hui par exemple j'etais censee recuperer mon CD avec mes dernieres photos, mais les gens travaillant dans ce cyber-cafe ou j'ai tout laisse sur disque la veille avec la promesse ferme d'avoir mon CD le matin, ont tout simplement oublie d'ouvrir aujourd'hui. C'est assez courant comme attitude malheureusement ici, il ne faut pas perdre sa patience mais juste se dire que c'est la Bolivie. Dieu sait que j'ai eu des problemes avec les banques, j'ai passe deux jours entieres a faire la queue d'une porte a l'autre, si bien que j'ai fini par oublier que j'avais envie de visiter Tiwanaku, ou bien la Vallee de la Lune. J'ai trouve la consolation pour les deux - apparament on est un peu decus lorsqu'on vient du Peru et c'est ou je vais y aller, quant a la valle de la Lune, celle de Tupiza est au moins aussi belle ...
La Paz est une ville etrange et interessante rien que par son aspect de cuve ornee tout autour avec des maisons en brique rouge - les riches vivent en bas, plus on est pauvre plus on doit monter - ceci dit j'ai tellement l'impression de n'avoir pas fait grande chose - le souvenir le plus memorable est probablement la prison de San Pedro. Etrange prison, plus que jamais j'ai realisee a quel point argent signifie pouvoir. Ville dans la ville, elle abrite pour la plupart des traffiquants de drogue - il y a le celebre bolivien qui a eu 24 ans pour 4 tonnes de cocaine, dont on peut apercevoir la grande residence et les bodyguards autour, il y a Hans l'allemand - notre guide qui a eu 8 ans reduits a 3 et demi pour 2 kilos ou des malheureux touristes qui purgent 8 ans pour quelques grammes. Assez effrayant au debut, j'avoue que mon sang froid m'a quelque peu abandonne lorsqu'il a fallu se decider d'y rentrer, Greg m'a dit qu'on pouvait lire sur mon visage la peur, je crois qu'il avait raison, je voyais tous ces visages effrayants attendant dans la cour, quelque uns en train de nous devisager, probablement par ennui. J'ai quand meme voulu voir, meme si la question qu'on erudit bolivien m'avait pose la veille "Pourquoi veux-tu visiter une prison?" me tracassait. Oui, pourquoi j'ai voulu "visiter" une prison? Probablement du voyeurisme refule, que je pensais detester - on a parfois tendance a se croire meilleur que l'on est vraiment...
Malgre ce ressentiment que j'ai contre mon moi, je me dis que ca vallait le coup quand meme. San Pedro est comme une vrai ville miniature presque, il y a des restos, des boutiques, des femmes et des enfants (rien que 300 enfants), des championats de football, en fait les familles sont autorisees a rejoindre les detenus, et pour les plus demunis c'est tres convenable puisqu'il ne faut pas payer le logement et l'electricite. Il ont meme le cable et ceux qui ont l'argent peuvent s'acheter leur propre habitation a vie, en fait durant le "sejour". On peut acheter de la drogue partout dans la prison, dans le boutiques memes, apparament cela coute 50$ pour faire rentrer un kilo par la grande porte - bien sur ce sont les policiers qui la ramenent.
Si je compare ceci a toutes les histoires d'Asie que j'ai entendu, je suis tente de me dire que San Pedro est la plus liberale prison de la planete, ceci dit je me rappelle les brand new shoes occidentales de ce gringo blond attendant dans la cour - probablement un tout nouveau "recru" et je me demande quel mirage pour lequel il purge sa peine lui apportera la prochaine nuit?
Cusco - PERU, je ne sais plus quelle date
Cela fait si longtemps que je n'ai pas ecrit une seule ligne, pourtant d'immemorables souvenirs ont ete au RDV. Apres La Paz, Copacabana, une jolie petite ville au bord du Lac Titicaca cote bolivien toujours, avec une magnifique eglise, et visite sur l'Isla del Sol et Isla de la Luna. Ici je me suis offert le luxe d'une belle chambre avec vue sur le lac, un lit tres confortable et surtout salle de bain individuelle (premiere en Bolivie) et eau chaude pour 30 FF la nuit. Cela me fait rire maintenant quand je pense a quel point mon "niveau" de pretention cote confort a baisse pendant ce voyage.
Copacabana - je ne peux pas dire que je suis tombee amoureuse. Les paysages sont splendides, mais il y a tellement de touristes que les locaux sont carrement desagreables, ils n'ont meme pas ete foutus de me donner le prefixe correct alors que j'attendais un coup de fil que je n'ai jamais pu recevoir. J'ai quand meme rencontre des gens tres sympas sur le bateau - des argentins que je souhaiterais revoir en Argentine si je passe a Cordoba, Stefano - l'italien, avec qui on a continue un tout petit bout de chemin ensemble jusqu'a Puno d'ou il est retourne en Bolivie pour escalader une montagne avec des amis qui venaient de lui ecrire. Il y a eu aussi un couple autrichienne - bolivien revenu au pays apres plus de 10 ans.
Apres Copacabana - Puno, toujours le Lac Titicaca, cette fois-ci cote peruvien. Comment tout est relatif - j'ai eu l'impression que tout est tres cher compare a la Bolivie, alors que compare a l'Europe, cela reste toujours tres cheap, d'autant plus si on mange dans les restos ou mangent les locaux plutot que dans des restos remplis de gringos, et la nourriture n'est pas plus mauvaise, le service souvent meilleur, vraiment, j'ai l'impression que dans les restos pour gringos on paye surtout le decor, et on peut tomber malade autant que dans les autres. On est arrive a Puno en fin d'apres-midi - Mary, Greg, Stefano et moi, et le lendemain matin on est partis vers le port pour prendre un petit bateau pour les fameuses iles flottantes. En chemin, on s'est arrete pour regarder des gens danser sur une maison - et on s'est fait inviter pour participer a la celebration de la prochaine construction d'un nouveau etage de la maison. Les gens, plutot pauvres - ont ete tres accueillants et curieux - nous ont fait boire avec eux, tres sympas vraiment, pas de probleme lorsqu'ils nous ont demande d'aller acheter a boire, mais lorsqu'on a decide de partir, un des gars nous a gentimment propose de nous accompagner au port pour nous aider a choisir le bateau - d'ailleurs un des gars les plus sobres de la troupe - d'apres lui, il avait possede un bateau de ce genre et avait travaille avec des touristes dans le passe. Petite precision, le port etait a 2 pas, les prix affiches, donc meme en etant les plus couillons des couillons de la terre, je pense qu'on aurait pu se debrouiller tous seuls, mais puisqu'il a insiste de nous conduire... Enfin, on arrive au port, apres avoir parle avec un gars qui nous demande de payer plus cher sous je ne sais plus sous quel pretexte, et apres notre refus, il nous demande de l'argent pour le "service". Decus, pour ma part pas autant contre lui mais plutot devant cette penible repetition de Copacabana, devant la grande deception que ce qui m'a paru etre la plus "authentique" rencontre du Peru a fini en une question d'argent. Le temps a l'incroyable don d'estomper le moins agreable et de nous faire garder souvent que le meilleur dans nos souvenirs ... Maintenant avec le recul, je me rapelle surtout des jupes avec plein de plis se gonflant au rythmes des danses, les innombrables invitations a trinquer, le bonheur souvent surencherit par la biere sur les visages, d'un petit garcon tout timide lorsque je l'ai invite a danser ... Maintenant avec le recul, je sais que cela a ete une des plus authentiques rencontres du Perou ...
Les iles flottantes - un monde a part, le desir de fuir de ces indiens a donne naissance a l'ingenieux concept : creer des villages sur l'eau, avec rien d'autre que du ____ ro : stufaris (je ne sais plus le mot en francais, c'est les plantes qui poussent dans l'eau). Ce magnifique isolement est devenu aujourd'hui un pelerinage des touristes, je pense qu'ils y acceptent parce que cela leur rapporte un petit peu de revenus. Quand j'ai mis les pieds sur la premiere ile, j'ai eu le sentiment tres embarassant d'etre un elephant visitant le zoo, seulement cette fois-ci au lieu des animaux il y avait des hommes, et les animaux c'etaient nous les touristes, pietinant avec nos regards trop curieux et nos cameras la vie de ces famillles, leur tranquillite retrouve une fois et perdue a jamais maintenant. Seule consolation, le constat que l'instinct de survie probablement leur a developpe une sorte d'armure, ils n'y prettent generalement aucune attention a nous et deroulent leur cotidien comme si on etaient transparents. Cotidien tres calme d'ailleurs, construction de nouvelles barques, preparation du repas, changement de couches au bebe et surtout siestes au soleil. J'ai approche deux petits enfants qui jouaient en mettant bout a bout des morceaux de ro: stufaris - le mot m'echappe toujours - c'etait trop mignon de voir leurs petites mains maladroites, j'ai commence a leur faire des figures plus elaborees - apres quelques moments de mefiance, l'amitie s'est installee et bientot plusieurs petits bouts sont venus s'assoir autour reclamer chacun un petit jouet. Le plus dur a ete de leur dire qu'il fallait que je parte ; meme si le pilote du bateau etait la a crier apres moi qu'il s'en va, il est tellement difficile d'expliquer a un gamin que ca y est, on arrete de jouer. on retourne dans notre monde d'adulte, regit par des horaires et des obligations. Comment DOIT-on conjuguer a un enfant le verbe DEVOIR?
Adieu, innocents enfants, je souhaite de tout coeur que ni ces interminables afflux de touristes ni le desir d'une belle tele ou d'une cuisine toute equipee ne changera pas votre vie, j'espere que vos enfants connaitront eux-aussi cet hors du temps, cette vie pour la vie, simplement ...
Cusco - enorme contraste avec les iles, puisque c'est la Mecca de tous les touristes au Perou, et peut etre un des endroits les plus visites de toute l'Amerique du Sud. Cusco, consideree la capitale des incas, est le point de depart pour Machu Picchu, pour des tours dans la jungle amazonienne egalement je crois, et detient plein de vestiges incas mais pre-incas egalement (Sacsahuaman) tout autour.
Premier objectif a Cusco - faire le tour des agences, et Dieu sait qu'il y en a plein, pour reserver sa place (la moins chere) pour le Camino del Inca - option que j'ai choisie pour voir Machu Picchu. Il faut reserver 3 jours a l'avance, ca coute la peau des fesses (mai pour y aller en train c'est egalement tres cher et on vient pas ici tous les ans je me suis dit). Camino del Inca - Inca trail ou Inca TRAIL selon certains, veut dire marcher pendant environ 40 km pour se rendre au MP en 4 jours. Ca parrait rien comme ca, mais c'est 40 km de montagne, il y a trois cols (ro: varfuri) a passer. C'est tres eprouvant physiquement, le 2eme jour surtout, on se reveille a 4h30, on prend le petit-dej et on commence a monter. De 3000 a 4200 cela monte non stop, portions droites quasiment inexistantes. Tantot ca monte normalement, tantot des marches (ro: trepte) interminables. Je me rappele avoir demande l'heure en pensant qu'il est au moins 10h, je ne peux pas decrire ma deception lorsque j'ai appris qu'il n'etait que 8h du matin. Dur dur, je me suis meme demande a un moment donne pourquoi je suis la puisque puisque personne ne m'y a oblige ... de souffrir ... Par moments j'ai eu l'impression que tout mon corps allait exploser en 1000 morceaux, et il fallait que je continue. Arrivee a 4200 a ete le bonheur. J'etais contente d'y arriver, j'etais contente de ne pas avoir craque et abandonne mon sac a dos aux porteurs comme certains l'ont fait. J'ai senti a quel point il faisait froid la haut une fois arretee (j'avais enleve le bas de mon pantalon auparavant tellement j'avais chaud a cause de l'effort). Plus loin sur la route, j'ai surpris une conversation : c'est comme la naissance d'un bebe, on souffre beaucoup mais on est tellement heureux apres, qu'on oublie les souffrances. Apres le col a 4200 m, descente pendant 2h de l'autre versant, quasiment que des marches. On ne transpire plus, c'est facile, mais mon Dieu qu'est-ce que les genoux en prennent un coup (surtout les miens qui sont deja assez abimes). Arrives en bas, on dejeune et on se repose une heure en tout, apres quoi on recommence a monter, et il y a presque que des marches. Quand est-ce que cette journee va finir?
Quatrieme jour enfin - reveil a 4h du matin petit dejeuner rapide et 1h30 de marche (tres bruyant au debut, c'etait l'embouteillage des gringos a la queuelele - ca s'ecrit comme ca? - silence total apres, chacun retenait son emotion je pense) - jusqu'a la Porte du Soleil, l'endroit d'ou on appercoit le tant attendu MP.
Misterieuse merveille, citadelle solitaire, vieux reve a moi, te voila enfin devant mes yeux qui ont du mal a comprendre qu'ils te regardent. On attend tous que le soleil te reveille doucement, tout parait petit vu d'en haut, je te demande pardon que je me suis sentie plus emue devant cette demande en marriage qu'en anglais a fait a sa copine - peut etre leur reve aussi - larmes de bonheur de la fille, c'est magnifique ... Je m'eloigne du monde, et je me retrouve face a toi seule, ta beaute et mes emotions qui s'amplifient ... Je ne me lasse pas de contempler ce silence vert, austere, les rayons de soleil qui avancent vers toi, je sens que ce moment est unique, je pense a la chance que j'ai, je me sens plus pret de Dieu que jamais ... c'est pourquoi je Lui remercie pour tout en cet instant de bonheur absolu.
Il y a ces quelques moments uniques qui declenchent en nous une avalanche de sentiments, une prise de conscience aussi. Pour moi MP c'etait qu'emotion, peut etre pour quelqu'un d'autre ce ne sera que des belles ruines, c'est ce qui est en fait le cas ... Un declencheur invisible, imprevisible aussi, peut ouvrir la soupape de notre ame quand on ne le s'attend pas. Bonheur - oui, je crois de plus en plus dans cette theorie du bonheur compose de moments de bonheur plutot qu'un fluide lent de tous les jours - tu as ete tellement immense que je ne veux plus retourner un jour a MP, par peur d'abimer ton precieux souvenir ...
Arequipa, le 9 aout
En parlant avec moi-meme - c'est beaucuop plus joli en roumain - "De vorba cu mine insumi", je crois que c'est Cioran que je suis en train de plagier. Je suis arrivee hier matin a Arequipa, apres encore un trajet de 12 h de nuit et j'ai decidee d'y rester quelques jours, avant de reprendre la route pour le Chili. Je me sens fatiguee, je n'ai pas arrete de faire et defaire mon sac a dos presque tous les matins dernierement. J'adore mon petit hotel pas cher qui n'a probablement pas recu de couche de peinture depuis des siecles, il y a une terasse avec vue sur la ville et une petite table pour s'asseoir au soleil juste a cote de ma chambre. Arequipa est une grande ville, la deuxieme au Peru, pourtant je me sens au calme ici, et donc j'ai choisi cet endroit pour un peu de tranquillite et de dialogues avec moi-meme. Poutant il faut dire les choses comme elles sont: il fait tres beau et chaud apparament toute l'annee, pour la premiere fois apres 2 mois j'ai CHAUD! (la nuit il fait un peu plus froid mais tout de meme plus besoin d'utiliser mon attirail anti-froid). Le bonheur absolu lorsque j'ai renverse le contenu de mon sac a dos par terre pour retrouver mes sandales et mes tops - oublies au fond depuis le Bresil. Je me suis sentie presque femme a nouveau - T-shirt sans manches, colier local et pantalons tres legers. Quel besoin a-t-on des robes de soiree en fin de compte? Adi, je crois que je vais avoir un choc lorsque je vais retrouver l'armoire pleine de vetements - pour la plupart inutiles - chez toi! J'entasse, j'achete, je consomme, et puis finalement je peux me satisfaire avec si peu! Je dis ca maintenant mais qui sait ce que va etre "moi" une fois de retour a la vie "normale". Je pense a l'epilogue de FG, apres un an de voyage pour la plupart en stop, ecrit a son retour en France - "Je ne pense plus à mon voyage, c’est terminé et j’évite d’en parler aux autres."
Je ne pense pas que ce voyage m'a transforme radicalement. Je ne pense pas que mon "moi" est different qu'auparavant. Mes besoins ont changes, mes perceptions sont differentes, mes senses sont extremement sensitives, mais mon "moi" profond, mes desirs, mes peurs, mes couleurs sont les memes. Je suis heureuse d'ecrire ca parce que je le pense, parce que je suis heureuse de sentir m'envahir dans tous mes pores ce sentiment de "je n'ai pas cherche le bonheur ou mon identite dans ce voyage" - comme ont pense certains, je n'ai pas cherche la "verite", j'ai juste voulu apprendre plus sur ce monde, me satisfaire des "ancestrales" curiosites, voire plus loin que mon cotidien "metro boulot dodo". Cela peut paraitre tres pretentieux, mais une de mes premieres lecons de ce voyage (ecole du Bresil) me font assumer cela assez facilement. "S'ecouter soi-meme, son instinct, c'est plus important que de vouloir faire plaisir aux autres". Different contexte mais ca colle ici "tam bien".
Arica - CHILE, le 16 aout
Je reprends le fil ... apres Cusco, Nasca - curiosite pour ce mistere oblige. Tour en petit avion, indispensable pour voir les figures, un tour de 360 a gauche, encore un a droite au dessus de chaque figure, et tres vite tout mon corps est tendu comme un ressort pour essaier de maitriser l'envie de vomir. Portant j'avais ete avertie par Mary (que j'ai re-rencontre a Nasca par hasard la veille au soir apres qu'on s'etait deja separe auparavant, faute d'itineraire et timing different). Pauvre Mary avait utilise le sac a vomir la veille dans l'avion, du coup prevoyante j'ai prepare la tablette anti-nausees, que bien evidemement j'ai oublie de prendre dans la hate de quitter la chambre, la reception ne m'avait pas reveille comme prevu. D'ailleurs du coups j'ai rachete une montre a 1.25 $, chere par rapport a celle de Bolivie, qui m'avait coute que 0.70$ (et dure heroiquement 1 mois). Et un reveil aussi, mais il faut dire qu'il ne sonne pas assez fort pour mes oreilles sourdes du matin.
Ica, ou plutot l'oasis dont j'ai oublie le nom en dehors de la ville - ou je retrouve a nouveau Greg et Mary par hasard. Tres sympa apres-midi dans les dunes de sable, a s'emmerveiller comme des enfants - des pas de marionette avec ressort en s'amusant a devaler la pente de sable, pourtant si penible a monter.
Depart au soir pour Pisco - ville tranquille au bord du Pacifique, dont la boisson nationale peruvienne y porte le nom. J'ai fait le plein de ceviche - excellent plat peruvien a base de poisson marine. Visite des Isles Ballestas et de la Pensinsule Paracas - pour voir des colonies de lions de mer et d'oiseaux, aussi quelques adorables pingouins. Tres mignones betes, je n'avais qu'une envie, sauter du bateau pour leur faire plein de bisous. Tristes et definitifs adieux avec Mary et Greg - pour eux le voyage venait de finir, depart pour Lima pour voler back aux US le lendemain. Mary m'a ecrit un email tres triste apres son retour, ils sont tres deprimes et me conseillent de profiter autant que je peux de la suite de mon voyage. Ce n'est pas le premier email de ce genre que j'ai recu des gens rencontres pendant le voyage. J'evite d'y penser a mon retour pour le moment, j'ai eu un moment de forte solitude pas longtemps auparavant, quand je sentie une forte envie de revoir des etres chers, mais cela m'est passe tres vite ...
Autre penible voyage de nuit pour Arequipa, ville que j'ai vraiment adore et du coup j'y suis restee plus longtemps que prevu. Je l'ai quitte seulement hier soir - me voila depuis ce matin a Arica - on a visite une eglise "un de plus importants capitaux architectoniques du Chili" - concue par Gustave Eiffel, a vrai dire j'etais decue de ce que j'ai vu apres avoir lu cette pompeuse description, et ensuite on a ete a la plage avec 2 francais tres sympas voyageant dans le meme bus cette nuit. Ils viennent de reprendre la route pour Santiago, mon bus pour San Pedro de Atacama - le plus sec desert du monde - est bientot aussi, j'ai decide de ne pas y passer la nuit a Arica puisque le seul bus est a 10h du soir, meme si 2 nuits de bus d'affile c'est assez fatiguant, d'autant plus que la veille j'avais fait la fete jusqu'a 6h du matin - c'etait la fete annuelle d'Arequipa, superbe ambiance, je ne pouvais pas rater ca, donc s'y suis restee et je ne regrette pas du tout, j'ai rencontre des gens tres sympas, mais je n'ai plus le temps de raconter maintenant, je me depeche d'envoyer des nouvelles puisque cela faisait si longtemps...

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